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12/12/2013 06:21 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Le pape appelle à plus de "fraternité" en temps de crise

Le pape appelle à davantage de "fraternité" entre les hommes et de solidarité de la part des gouvernements afin d'affronter au mieux la crise économique mondiale, dans son premier message pour la paix, rendu public jeudi.

"La succession des crises économiques doit nous amener à repenser nos modèles de développement économique et à changer nos modes de vie", indique François dans ce texte qui sera lu dans les églises le 1er janvier, Journée mondiale pour la paix.

Le message, intitulé "Fraternité, fondement et chemin de la paix", exhorte les chefs d'Etat à mettre en oeuvre "des politiques efficaces basées sur le principe de la fraternité", afin de s'assurer que "tous (...) puissent accéder aux +capitaux+, aux services, à l'éducation, à la santé et aux technologies".

Citant longuement l'histoire des frères Caïn et Abel, le pape y évoque "la difficulté qu'ont les hommes et les femmes à vivre ensemble, et à prendre soin les uns des autres".

Les Etats ont trois devoirs envers leurs peuples, estime-t-il: "le devoir de solidarité, qui exige que les nations riches aident celles qui le sont moins; le devoir de justice sociale (...) et le devoir de charité universelle, qui implique de promouvoir un monde plus humain pour tous".

Estimant qu'on assiste à un recul de la "pauvreté absolue", le pontife regrette "l'augmentation inquiétante de la pauvreté relative", qui amène à de graves "inégalités entre des personnes et des groupes qui cohabitent dans la même région ou dans un contexte historico-culturel déterminé".

"Dans un monde caractérisé par la +globalisation de l'indifférence+ qui fait qu'on +s'habitue+ lentement à la souffrance de l'autre", le monde a besoin de plus fraternité, affirme François.

Reprenant les mots de Benoît XVI, selon qui la "globalisation nous rend plus proches mais pas plus frères", le pontife regrette que les "nouvelles idéologies, caractérisées par un individualisme diffus, un égocentrisme et un consumérisme latents, affaiblissent les liens sociaux".

Pour lui, "les graves crises financières et économiques contemporaines (...) ont poussé nombre d'entre nous à rechercher la satisfaction, le bonheur et la sécurité dans la consommation et dans le profit, au-delà de toute logique d'une économie saine".

Dans son message, François lance aussi "un appel fort" contre qui "utilisent les armes pour semer violence et mort", invoquant "la non-prolifération et le désarmement de tous, en commençant par le désarmement nucléaire et chimique".

Rappelant que la "nature est un don du Créateur" à respecter, le pape s'interroge sur la manière dont les hommes "utilisent les ressources de la terre", alors que la faim fait souffrir encore tant de populations dans le monde et juge "nombreuses" les initiatives et solutions possibles.

François a été élu mercredi "personnalité de l'année" par le magazine américain Time, selon qui, en neuf mois, le pontife argentin a su "se placer au centre des discussions essentielles de notre époque: la richesse et la pauvreté, l'équité et la justice, la transparence, la modernité, la mondialisation, le rôle de la femme, la nature du mariage, les tentations du pouvoir".

En présentant le message à la presse, le cardinal ghanéen Peter Turkson qui était le représentant du pape mardi à la cérémonie en hommage à Nelson Mandela, a souligné combien ce dernier avait su "convertir les coeurs et éviter le fratricide". "Convertir les esprits et les coeurs, c'est le but quotidien du pape François", a-t-il ajouté.

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