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12/12/2013 08:40 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Le gouverneur de la Banque du Canada admet que le marché immobilier est surévalué

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, reconnaît que le marché immobilier au pays est surévalué.

Stephen Poloz ne s'inquiète pas pour autant. Le processus de surévaluation observé au cours des cinq dernières années a été très graduel, expose M. Poloz, qui compare cette situation à celle qui prévalait à la fin des années 1980 et qui a donné lieu à une correction. « Cette fois, on croit qu'on pourrait voir un ajustement graduel », estime le gouverneur de la Banque du Canada.

Dans une entrevue à RDI Économie, il va plus loin et affirme que la politique monétaire de la banque centrale canadienne a contribué à la surévaluation des marchés en maintenant les taux à de très bas niveaux depuis six ans.

Sans dire qu'il souhaite une baisse du dollar canadien pour stimuler les exportations, il reconnaît aussi que le message de l'institution favorise cette chute.

Le dollar est passé du niveau de parité avec le dollar américain en mai, à moins de 94 ¢US ces jours-ci. Il dit appliquer une politique honnête et transparente.

Le marché immobilier canadien est le plus surévalué des marchés des pays développés, selon une étude réalisée par la Deutsche Bank.

L'étude des économistes décrète que le marché canadien arrive en tête du classement avec un niveau de surévaluation de (60 %) devant la Belgique (56 %), la Nouvelle-Zélande (51 %) et la Norvège (49 %). Les marchés immobiliers les plus sous-évalués sont ceux du Japon ( -39 %), de la Corée du Sud (-18 %), de l'Allemagne (-15 %), de la Grèce (-6 %) et des États-Unis (-6 %).

Pour établir le niveau de surévaluation ou de sous-évaluation des marchés, les économistes de la Deutsche Bank ont réalisé une moyenne avec deux indicateurs : le prix des maisons par rapport au revenu et le prix des maisons par rapport aux loyers. L'analyse tient aussi compte des moyennes historiques de la valeur des maisons.

Éviter la déflation

Il pourrait s'écouler encore quelques années avant que le taux directeur ne revienne près de 2 %, une cible considérée comme saine pour l'économie.

Le gouverneur de la Banque centrale estime en effet que les taux d'intérêt doivent rester très bas pour éviter les risques liés à la déflation (période assez longue de baisse des prix). Son prédécesseur, Mark Carney, avait pourtant laissé entrevoir avant son départ, il y a six mois, qu'une hausse des taux d'intérêt serait bientôt souhaitable.

M. Poloz se défend toutefois d'avoir adopté une approche différente de celle de son prédécesseur. Ce n'est pas tant un changement de ton qu'un changement de données, dit-il. « Les nouvelles n'étaient pas comme nous les avions anticipées au cours des derniers six mois », expose le gouverneur de la Banque du Canada, qui souligne aussi que « le taux d'inflation a continué à diminuer en dessous de la cible. »

La Banque centrale ne devrait pas non plus, par ailleurs, abaisser davantage les taux d'intérêt puisque cela aurait pour effet de stimuler l'endettement et la consommation des ménages alors que leur niveau d'endettement atteint justement un sommet record.