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12/12/2013 09:46 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Hollande demande la création d'un fonds européen permanent pour des interventions comme en Centrafrique

François Hollande a indiqué jeudi, à Sao Paulo, qu'il demanderait lors du prochain conseil de l'Union européenne la semaine prochaine la création d'un "fonds européen permanent" pour financer des interventions en urgence dans des pays en crise comme celle menée par la France en Centrafrique.

"L'Europe fait beaucoup mais elle le fait ponctuellement, il faudrait un fonds européen permanent, pas un fonds par opération", a affirmé le président français, en visite d'Etat au Brésil, interrogé par la presse sur la situation en Centrafrique.

Ce fonds interviendrait "quand on n'est pas encore dans une opération de maintien de la paix", a précisé M. Hollande.

Il a indiqué qu'il proposerait la création d'un tel fonds lors du prochain conseil européen, qui se tient les 19 et 20 décembre prochains à Bruxelles.

La France a déployé 1.600 hommes dans ce pays, depuis le lancement, le 5 janvier, de son intervention militaire pour mettre fin aux exactions des groupes armés et tenter de stabiliser le pays. Deux soldats français ont été tués lundi lors d'un accrochage à proximité de l'aéroport de Bangui.

"Il ne s'agit pas qu'on (la France) soit la force armée et qu'on demande à être payé, on n'est pas les mercenaires ni les gendarmes de l'Europe", a souligné le président Hollande.

Alors que la France a décidé d'intervenir en Centrafrique un an après le lancement de l'opération au Mali, le chef de l'Etat a souligné que "chaque situation est différente". "Je ne suis pas dans la répétition. Je ne suis pas venu aux responsabilités pour faire la guerre, ce sont les circonstances" qui ont entrainé ces opérations", a-t-il dit.

"Si la France n'était pas en Centrafrique, qui pourrait y être?", avait demandé auparavant M. Hollande lors d'une intervention devant la communauté française de Sao Paul.

"Si nous n'y étions pas, y aurait-il des Africains eux-mêmes qui seraient présents en Centrafrique, ce n'est même pas sûr", a-t-il jugé.

Revenant sur sa visite à Bangui mardi au lendemain de la mort de deux soldats français, M. Hollande a rappelé que ces deux militaires avaient "donné leur vie pour une cause qui était celle de sauver d'autres vies".

C'était "une décision grave" que d'envoyer ces soldats en Centrafrique, a aussi déclaré le chef de l'Etat.

swi/abl