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12/12/2013 09:53 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

France: des syndicats et des majors américaines réclament 3 millions d'euros à deux pirates internet

Deux syndicats professionnels français et des "majors" américaines du disque et du cinéma réclament près de trois millions d'euros à deux anciens gérants d'un site de téléchargement illégal, Undeadlink, lors d'une audience civile prévue vendredi à Bourg-en-Bresse (centre).

Au pénal, les deux prévenus de 27 et 22 ans avaient été condamnés par le tribunal correctionnel de la ville, le 9 avril, à six mois de prison et 5.000 euros d'amende, avec sursis dans les deux cas, pour "contrefaçon" et "mise à disposition" illégale d'oeuvres protégées.

L'audience sur les intérêts civils, importante dans ce type de dossiers où les ayants droit réclament de fortes sommes, avait été renvoyée. L'audience prévue vendredi pourrait encore être renvoyée.

L'affaire Undeadlink a commencé en décembre 2011 par une plainte de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) et de l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) contre les deux administrateurs de cette plateforme de téléchargement illégal, active depuis fin 2010.

La particularité du site, comme l'indique son nom, est de maintenir en vie, au moyen de copies, des liens "tués" par les ayants droit, qui garantissent aux visiteurs du site d'accéder aux oeuvres piratées.

"Undeadlink est le phoenix de la contrefaçon", a déclaré à l'AFP Me Christian Soulié, qui représente le Syndicat de l'édition vidéo numérique, la Fédération nationale des distributeurs de films, et sept sociétés de production - Columbia, Disney, Paramount, Tristar, Twentieth Century Fox, Universal et Warner Bros.

Ces ayants droit réclament 2,5 millions d'euros de dommages et intérêts, estimant que le site a hébergé près de 520.000 liens et donné lieu à environ 80 millions de téléchargements, rapportant à ses fondateurs plus de 24.000 euros en sept mois, de mai à décembre 2011.

La SACEM et la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) réclament respectivement 69.887 euros et 201.872 euros de préjudice matériel, soit un total de 2,84 millions d'euros réclamés aux deux prévenus.

Pour Me Sabrina Scaramozzino, qui défend l'un d'eux, "le préjudice n'est pas démontré". "Les syndicats se fondent sur des téléchargements potentiels et en aucun cas sur des téléchargements effectifs".

Le 12 novembre à Thionville (est), un pirate de 21 ans avait été condamné à plus d'un million d'euros de dommages et intérêts.

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