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12/12/2013 12:14 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

France : l'accusation favorable à l'extradition du Kazakh Abliazov vers la Russie

Le parquet d'un tribunal français a requis jeudi matin l'extradition vers la Russie de l'ancien banquier kazakh Moukhtar Abliazov, ennemi juré du régime du président Noursoultan Nazarbaïev, mais présenté comme un escroc financier de haut vol par ses détracteurs.

"Au vu de l'importance du préjudice, des faits considérablement plus graves commis en Russie, je vous demande de prioriser la demande russe", a dit à la cour l'avocate générale de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence (sud), Solange Legras.

Plus tôt, elle s'était prononcée en faveur d'une extradition de l'oligarque vers l'Ukraine.

"La demande est-elle faite sur une base politique ? La réponse est immédiatement non. Il n'est pas indiqué qu'il soit un homme politique en Russie. En réalité, il se positionne en homme politique d'opposition au Kazakhstan, mais, que je sache, ce n'est pas le Kazakhstan qui le réclame, mais la Russie, avec toutes les garanties", a-t-elle souligné.

"La Russie s'est engagée à ne pas le soumettre à des travaux forcés, (...) il n'y a pas de raisons de ne pas lui faire confiance", a ajouté la magistrate.

Par ailleurs, reprenant son argumentaire exposé un peu plus tôt jeudi au moment de l'examen de la demande de Kiev, elle a écarté les risques de réextradition vers son pays d'origine, se fondant sur les conventions de Genève de 1951 et du Conseil de l'Europe de 1957.

"M. Abliazov s'est constitué un statut de victime, qu'il a organisé à sa façon. Il est toujours dans cette optique, il nie même l'évidence", a ajouté Mme Legras.

L'ex-banquier, assisté de deux interprètes, s'était auparavant dit "absolument convaincu d'être poursuivi pour raisons politiques". "Toutes les accusations portées contre moi sont fausses, tout a été fabriqué par le Kazakhstan", a-t-il assuré.

L'oligarque, âgé de 50 ans, est soupçonné de s'être livré à des détournements de fonds de plusieurs milliards de dollars, notamment à l'occasion d'opérations en Russie et en Ukraine, lorsqu'il dirigeait, de 2005 à 2009, la banque kazakhe BTA. Ancien proche du régime, il est aujourd'hui considéré comme l'un des principaux opposants politiques au président Nazarbaïev.

La chambre de l'instruction devrait rendre sa décision dans plusieurs semaines.

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