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11/12/2013 10:19 EST | Actualisé 10/02/2014 05:12 EST

Corée du Nord: Tokyo redoute une radicalisation après l'éviction de Jang Song-Thaek

Le régime nord-coréen risque de se radicaliser après l'éviction brutale de Jang Song-Thaek, l'oncle jusque là tout puissant de Kim Jong-Un, a estimé jeudi le ministre japonais de la Défense.

"En regardant les images de M. Jang Song-Thaek extirpé de son siège, cela m'a fait penser à des scènes de la révolution culturelle" en Chine, a déclaré jeudi Itsunori Onodera devant un forum de réflexion à Tokyo.

"La Corée du Nord pourrait se radicaliser encore plus à l'avenir et ceci me préoccupe", a déclaré le ministre.

La Corée du Nord a confirmé lundi le limogeage de Jang Song-Thaek et, fait rare, diffusé des photos de l'arrestation humiliante de celui considéré jusqu'à peu comme le numéro deux du régime.

Selon des experts, cette purge au sommet près de deux ans après son accession au pouvoir devrait permettre au jeune Kim Jong-Un de resserrer les rangs autour de lui face à la Corée du Sud et aux Occidentaux qui accusent Pyongyang de développer des missiles intercontinentaux à capacité nucléaire.

Le Japon et la Corée du Nord, qui n'ont pas de relations diplomatiques, gardent des rapports tendus, voire hostiles, en partie parce que Tokyo accuse Pyongyang de ne pas faire toute la lumière sur le dossier des Japonais enlevés dans les années 1970 et 1980.

La Corée du Nord affirme que cette question a été résolue au début des années 2000 avec le retour de certains détenus et les annonces selon lesquelles d'autres étaient morts.

Tokyo exige par ailleurs de la Corée du Nord qu'elle renonce à ses programmes nucléaire et balistique.

En avril dernier, la Corée du Nord avait menacé le Japon de représailles nucléaires s'il s'impliquait de quelque manière que ce soit dans un conflit qui éclaterait sur la péninsule coréenne.

La menace était intervenue suite à des propos d'Itsunori Onodera qui avait donné l'autorisation formelle aux forces d'auto-défense (nom officiel de l'armée japonaise) de détruire tout missile nord-coréen qui menacerait le territoire nippon.

Pourtant un mois plus tard, le Premier ministre japonais Shinzo Abe avait provoqué la surprise en se disant prêt à un sommet sous condition avec Kim Jong-Un, sommet qui n'a jamais eu lieu.

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