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26/11/2013 05:23 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

La France annonce l'envoi de 1000 soldats en Centrafrique

Après le Mali, la France s'apprête à intervenir en République centrafricaine avec un millier de soldats et un projet de résolution à l'ONU proposant à terme l'envoi de Casques bleus dans ce pays en proie au chaos.

Ce déploiement devrait durer six mois, a déclaré mardi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Sur les ondes de la radio Europe 1, le ministre a précisé que le renforcement du contingent français, actuellement de 400 hommes, se ferait sous l'égide des Nations Unies via une résolution qui permettra à la France d'intervenir aux côtés d'une force africaine.

Cette résolution visant à renforcer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) doit être soumise au Conseil de sécurité des Nations unies lundi soir. Placée sous le chapitre 7 de la Charte de l'ONU, elle prévoit le recours à la force.

La force panafricaine compte actuellement 2500 hommes, sur un total prévu de 3600, mais elle peine à atteindre son plein effectif et manque de moyens.

Risques de génocide évoqués

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a souligné pour sa part que la situation en Centrafrique, que certains estiment prégénocidaire, représentait un risque d'implosion pour l'ensemble de l'Afrique centrale.

« Jusqu'à présent, cela ne concernait, et c'était déjà trop, que les Centrafricains, et aujourd'hui si le vide et l'implosion s'installent, cela va concerner tous les pays de la région, c'est-à-dire le Tchad, les Soudans, le Congo, le Cameroun », a-t-il déclaré.

La République centrafricaine a sombré dans le chaos depuis que les rebelles de la Séléka (Coalition) ont évincé le président François Bozizé en mars dernier.

Selon le département d'État américain, la violence a fait près de 400 000 déplacés dans le pays et 68 000 réfugiés dans les pays voisins depuis que le chef de la Séléka et président par intérim, Michel Djotodia, a perdu le contrôle de sa coalition de chefs de guerre.

Selon l'ONU, sans « action rapide et décisive » en Centrafrique, il existe le risque « que la crise échappe à tout contrôle » et s'aggrave dans un « conflit religieux et ethnique », entre chrétiens et musulmans, qui pourrait mener à des « atrocités généralisées ». La République centrafricaine risque aussi de « devenir un vivier pour les extrémistes et les groupes armés », selon l'ONU.