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26/11/2013 03:37 EST | Actualisé 25/01/2014 05:12 EST

Des caméras dans les taxis?

À la veille des funérailles du chauffeur de taxi assassiné à Montréal, les représentants de l'industrie et le maire Denis Coderre ont révélé qu'ils étudiaient l'installation de caméras dans tous les taxis de la métropole, même si une telle idée ne fait pas l'unanimité.

Le maire de Montréal a convoqué une réunion des représentants de l'industrie, lundi soir, afin de discuter de solutions pour accroître la sécurité des chauffeurs, après le meurtre crapuleux de l'un des leurs, la semaine dernière.

La caméra vidéo, l'installation obligatoire d'une vitre placée entre le chauffeur et le client ou la mise en place d'un « bouton d'urgence » sont au nombre des options étudiées.

Mais en réunion, la majorité des représentants de l'industrie ont indiqué leur préférence pour l'installation de caméras.

Bon nombre de chauffeurs sont toutefois contre la caméra.

« C'est vraiment partagé chez les chauffeurs. Certains disent que la caméra ne peut pas les protéger contre les attaques à l'arme blanche. Les chauffeurs peuvent encore se sentir insécures avec la caméra », admet Wilson Jean-Paul, vice-président du Bureau du taxi de Montréal.

Les coûts associés à l'installation des caméras préoccupent également les acteurs de l'industrie. À ce sujet, le maire de Montréal a affirmé que plusieurs accommodements étaient possibles.

« On peut faire des appels d'offres publics qui vont réduire les coûts. On pourrait aussi avoir de la publicité à côté de la caméra dans le taxi. Si la ville peut faire son bout de chemin, tout le monde peut faire son bout de chemin », a indiqué M. Coderre.

Le chauffeur assassiné la semaine dernière travaillait dans l'entreprise Taxi Diamond. Pour le directeur adjoint de l'entreprise, Denis Laramée, la caméra coûte cher, mais augmentera significativement la sécurité de ses employés.

« Les études montrent que la caméra peut régler le problème. Mais elle coûte environ 600 $, alors il faudra nous aider. Notre industrie ne veut pas que les citoyens payent, mais la ville doit pouvoir nous permettre d'avoir de nouvelles sources de revenus », a-t-il dit, après sa rencontre avec le maire.

Dans les rues de Montréal, plusieurs chauffeurs de taxi se questionnent sur l'utilité d'imposer à tous les chauffeurs une solution unique.

« Je préfère la vitre entre moi et mon client. Mais je ne l'ai pas, car ça coûte de l'argent. Je n'aime pas l'idée des caméras », a confié Victor Jean, rencontré à quelques pas de l'hôtel de ville de Montréal lundi soir.

L'un de ses collègues n'est pas contre l'idée des caméras, mais il met un bémol.

« Ce n'est pas à moi de la payer. J'espère que le propriétaire de ma compagnie va accepter d'assumer ces nouveaux coûts et ne va pas me demander plus pour louer ma voiture de taxi », a indiqué un chauffeur, qui a souhaité conserver l'anonymat.

Avant d'installer des caméras ou d'autres outils de sécurité dans les taxis, le maire de Montréal promet d'écouter les acteurs de l'industrie et les citoyens lors de consultations. Un exercice qui participera à l'élaboration d'une politique municipale du taxi qui doit être dévoilée avant l'été prochain.

Lundi, c'est cependant sur Twitter qu'il a sollicité l'avis des citoyens.

« Question : pour ou contre les caméras vidéo dans les taxis? », a-t-il écrit sur son compte. En majorité les internautes se montraient favorables à l'implantation de ce nouvel outil, selon les commentaires rédigés en réponse à la question du maire.