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26/11/2013 08:36 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

L'assemblage de la super-poutre a commencé sur le pont Champlain

Radio-Canada

La super-poutre qui doit servir à consolider temporairement la poutre fissurée du pont Champlain a commencé à être assemblée à l'île-des-Soeurs. Elle sera installée en fin de semaine plutôt qu'à la mi-décembre, ce qui permettra de revenir à des heures de pointe plus normales deux semaines plus tôt que prévu.

Les cinq morceaux de la structure de 75 tonnes ont été transportés à l'île-des-Soeurs lundi soir pour l'assemblage. La poutre devrait ensuite être installée en 48 heures durant la fin de semaine, si les conditions météorologiques le permettent. Des vents trop forts pourraient en effet empêcher l'installation.

Lors de l'installation de la super-poutre, quatre voies sur six (plutôt que deux) seront fermées, pour limiter les vibrations sur la structure du pont.

« Ma préoccupation, c'est au moment où on va venir installer la poutre sur la poutre qui est déjà fragilisée. C'est une opération très délicate. On a une poutre qui a des fissures, et là on s'en vient avec une poutre de 75 tonnes. On va la mettre dessus, alors il est très important qu'on soit très prudent », a déclaré à ce sujet Glen Carlin, directeur général de la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain.

Des inquiétudes avant les travaux

M. Carlin n'est pas le seul à s'inquiéter de l'opération. Le poids de la super-poutre suscite aussi beaucoup de questions chez plusieurs experts en structure.

L'architecte Pierre Brisset, entre autres, craint qu'en ajoutant ces 75 tonnes sur un seul côté du pont, on déstabilise tout le tablier, ce qui pourrait le faire basculer.

« La construction à l'époque a été faite avec des chevêtres (la partie horizontale du tablier), qui sont retenus au pilier principal avec seulement deux goujons (deux tiges de métal) plutôt que par une cage d'armature qui vient attacher le tout, comme on le demande dans les codes de construction d'aujourd'hui », a-t-il expliqué en entrevue à ICI RDI.

« Qu'ils vérifient auprès des ingénieurs, qu'ils fassent les calculs et qu'ils soumettent un rapport pour dire que ça peut tenir », a poursuivi M. Brisset.

À la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain, on réfute toutefois l'hypothèse de l'architecte. Selon la directrice des projets de la société, Catherine Tremblay, des calculs ont été faits qui montrent que l'installation de la super-poutre ne causerait pas d'effet de basculement.

« On a regardé si c'était un poids qui pouvait avoir un impact. Cette poutre-là en fonction du chevêtre, en fonction du comportement complet du pont. En considérant aussi que les travaux qui ont été faits depuis les dernières années n'ont pas simplement gardé le pont d'origine. Le pont a évolué pendant 50 ans. Il y a des composantes qui ont été renforcies, il y a des composantes également qui ont évolué. Du constat avec les plans actualisés, on peut confirmer que tout est beau à ce niveau-là », a de son côté confirmé Jean-Vincent Lacroix, le porte-parole de la société.

Pierre Brisset suggère quant à lui de « mettre des béquilles au pont, comme ils ont fait à l'échangeur Turcot », soit des poteaux d'acier à chaque bout des chevêtres pour les supporter.

« C'est vrai que c'est dans le fleuve, c'est un problème. Ça prendrait plus de temps, mais ça serait plus sécuritaire », indique-t-il.

Pierre Brisset est aussi en désaccord avec l'idée de construire un tout nouveau pont. Selon lui, la structure en acier du pont Champlain a encore une durée de vie de 75 ans. Il propose donc de ne changer que la structure en béton, section par section, des travaux qui n'empêcheraient pas, selon lui, de circuler sur le pont s'il était bien stabilisé.

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