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25/11/2013 03:24 EST | Actualisé 24/01/2014 05:12 EST

Producteurs de grains inquiétés par la concurrence du transport pétrolier

Des agriculteurs de l'Ouest canadien blâment la concurrence de l'industrie pétrolière pour leurs difficultés à faire transporter leur production de grains cette année.

À Falher, le fermier Denis Sauvageau s'en fait pour ses silos encore remplis d'orge et de blé, longtemps après la saison des récoltes. « L'année dernière, à ce temps-ci, mon orge était vendue en totalité... Pour moi, le problème actuel se pose en raison du mouvement du pétrole », affirme-t-il.

Le CN a le monopole du transport de grains dans la région. Ses wagons sont en retard de deux mois, souligne Denis Sauvageau.

Forte demande des producteurs

Lors des discussions à ce sujet à la mi-novembre, des représentants des cultivateurs du Manitoba, de la Saskatchewan, de la Colombie-Britannique et de l'Alberta avaient déjà montré du doigt la concurrence du transport du pétrole et du gaz.

Dans un courriel, le CN a lié le problème à la forte demande de la part des producteurs de grains.

Un membre de l'Association des cultivateurs de blé de l'Ouest, Blair Rutter, croit cependant qu'il y a des goulots d'étranglement et que les transporteurs doivent choisir entre laisser passer du grain ou du pétrole. M. Rutter assure que le pétrole l'emporte souvent, car, contrairement au blé, le prix de son transport n'est pas réglementé.

Le fermier Sauvageau craint que cette situation se détériore et finisse par compromettre la survie de son industrie. « Si on ne peut pas payer nos factures, alors qu'on continue d'aller à reculons, il faudra changer quelque chose, sinon les fermiers vont lâcher », soutient-il.

Denis Sauvageau reconnaît qu'il peut conserver son blé pendant deux ans. Il ajoute qu'il a cependant besoin de le vendre rapidement, car il lui faut de l'argent pour préparer la récolte de l'an prochain.