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25/11/2013 06:34 EST | Actualisé 25/01/2014 05:12 EST

«La montagne de feu» : entrevue avec les membres de Jacquemort

Jean-François Cyr

MONTRÉAL - Au moment où son groupe Malajube reprend son souffle pour une période indéterminée, le claviériste Thomas Augustin a replongé dans ses anciens amours avec Jacquemort, un quintette de musiciens montréalais qui avait déjà diffusé en 2007 un EP de cinq pièces intitulé Dent de lait. Cette fois-ci, La montagne de feu crache onze pièces d’indie rock qui rappellent parfois l’univers de Malajube. Rencontre.

Fondé en 2004 par Thomas Augustin (Malajube), Julien Bakvis (Meta Gruau) et Julien Michalak (Meta Gruau, Bateau Noir), Jacquemort explore au départ une pop sensible, un brin complexe, dans laquelle les atmosphères prennent beaucoup d’importance. En 2007, le groupe propose son maxi de cinq chansons.

Les années passent et les projets varient selon les musiciens. Thomas Augustin, qui s’est grandement consacré à Malajube durant la période 2007-2012, arrivera enfin à proposer des maquettes à ses comparses de Jacquemort. À la formation de base se greffe alors Melissa Di Menna (Meta Gruau) et Rémy Nadeau-Aubin (Hot Springs, Bateau Noir). À l’hiver 2012, le groupe met la gomme pour produire un disque complet.

Lancé le 25 novembre 2013, ce premier long jeu voit le jour. Thomas Augustin, qui chante et joue du clavier sur le disque, a également composé les textes. Dans ce groupe d’amis de longue date (2003 pour les plus anciens), la collégialité semble primer sur l’individu. «Ça fait longtemps que nous sommes des chums. Ce n’est pas un band monté sur pièce. Au départ, nos rencontres n’étaient pas motivées par des visées carriéristes, raconte Julien Michalak. Nous avons d’abord fait de la musique par passion. Le EP est arrivé plutôt naturellement. Après avoir donné quelques spectacles, le groupe est passé à autre chose. Mais nous avons toujours gardé des liens.»

La raison principale de ce long hiatus de cinq ans, c’est-à-dire la popularité de Malajube, rendait en effet difficiles les rencontres entre Augustin et les autres membres du band. Cela dit, les musiciens ont travaillé à d’autres projets parallèles. Le groupe Bateau Noir, par exemple, aurait terminé l’enregistrement d’un album, qui serait à l’étape du mixage, une responsabilité assumée par Thomas Augustin. On comprendra donc qu’à l’hibernation entamée par Malajube en 2012, tout ce beau monde de Jacquemort a saisi l’occasion pour se retrouver et développer la musique de la formation, au final plus convaincante en 2013. On y parle de séparation (Adieu mes chats), d’amour (Nos vieux os), d’amitié ou du temps qui passe (Squelette de bois).

« Le EP était plus frénétique. Les chansons manquaient peut-être aussi de maturité (il regarde les autres en souriant). Les musiciens n’étaient pas tout à fait à leur place non plus. Nous cherchions les forces de chacun, affirme le batteur Julien Bakvis.

« Le maxi avait des morceaux qui faisaient très tableaux, enchaîne Thomas Augustin. Je pense que l’ensemble se tenait, mais les ambiances étaient très différentes les unes des autres. Cette fois, nous croyons que La montagne de feu est plus cohérent. On a fait cet album en couches, en prenant notre temps. »

Ryan et Jace

La majorité de l’enregistrement fait entre juin et octobre a été l’affaire de Ryan Battistuzzi du studio Beatbox. Pour le reste, des sessions ici et là ont permis de compléter l’assemblage, comme les lignes de guitares électriques qui ont été livrées dans le studio maison de Julien Michalak.

C’est Jace Lasek, responsable du Breakglass Studio et membre du groupe The Besnard Lakes, qui s’est quant à lui chargé de débroussailler les chansons et de mixer le disque : « Tous les membres de Jacquemort adorent le travail de Jace, dit Thomas Augustin. J’ai eu la chance de tourner avec lui (Malajube et Besnard Lakes se sont retrouvés sur les mêmes scènes), donc c’était plus naturel de le contacter pour ce projet. Nous aimons son approche générale. Il est possible de sentir sa touche sur La montagne de feu. Je pense aux longs reverbs, à la profondeur dans les sons, les textures et les dynamiques. Il a fait des mix puissants, mais pas torchés. Il a su bien adoucir notre musique assez dense. »

Une vraie tournée ?

« Le timing était bon pour l’enregistrement, indique Rémy Nadeau-Aubin. En plus, nous aimerions commencer à donner des spectacles au printemps, dépendamment de l’accueil du disque. Nous sommes néanmoins conscients que la véritable tournée devrait débuter à l’été avec tous les festivals. »

La musique de Jacquemort, compte tenu du rôle important de Thomas Augustin, n’est pas tombée très loin de l’arbre Malajube. Ce n’est pas volontaire aux dires du principal intéressé, mais il ne dément pas non plus les ressemblances. L’énergie véhiculée par Jacquemort flirte avec le rock progressif.

C’est assez énergique, tout comme Malajube, mais avec une bonne dose de mélancolie. Jacquemort est un son actuel, mais en périphérie des propositions rock québécoises du moment.

La montagne de feu met en avant-plan le chant et les claviers, sans étouffer la batterie que l’on retrouve un peu partout.

Pour les reste, à vous de tirer vos propres conclusions.

Jacquemort offrira un spectacle-lancement mercredi, le 27 novembre, au Divan Orange.

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