POLITIQUE
25/11/2013 12:06 EST | Actualisé 25/01/2014 05:12 EST

FTQ: Généreux laisse la voie libre à Boyer à la présidence de la FTQ

PC

QUÉBEC - Daniel Boyer deviendra officiellement, vendredi, le septième président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).

Secrétaire général de la centrale syndicale, M. Boyer s'est retrouvé seul en lice, lundi, au terme de la période de mise en candidature. Son adversaire annoncé, Claude Généreux, issu du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), s'est retiré de la course à la présidence pour se présenter au poste de secrétaire général.

M. Généreux devra affronter deux autres candidats: Serge Cadieux, du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB) _ et allié de M. Boyer _ de même que Michel Parent, président du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal.

En point de presse, le prochain président de la FTQ s'est affiché comme le candidat de la continuité et de l'unité au sein de la centrale.

«La continuité, c'est ce qu'on fait de bien à la FTQ depuis 1957. La continuité, ce n'est pas ce qu'on entend à la Commission Charbonneau. Moi, je suis ailleurs, je suis cinq, six, sept ans en avance de ce qu'on entend à la Commission Charbonneau. J'invite l'ensemble des délégués à venir avec nous, cinq, six, sept ans plus tard, aujourd'hui, parce qu'on a de grands défis à relever, de grands défis contre le vent de droite qui nous pousse», a dit M. Boyer.

Plus tôt en matinée, à l'occasion de son discours d'ouverture du congrès de la centrale, le président sortant, Michel Arsenault, est tombé à bras raccourcis sur les «empires médiatiques», qu'il accuse de s'être acharnés contre son intégrité.

Ce ne sont pas les scandales mais les médias alliés aux forces de la droite qui sont responsables des déboires de la FTQ, a soutenu M. Arsenault devant des centaines de délégués réunis à Québec.

«J'aurais pu solliciter un troisième mandat car j'avais la conscience libre et le sentiment d'avoir, à chaque occasion, défendu bec et ongles vos intérêts et vos revendications. D'un autre côté, à tort et à travers, l'intégrité de la présidence de la FTQ a été entachée dans un tumulte médiatique entretenu avec acharnement», a-t-il dénoncé.

M. Arsenault n'avait manifestement pas l'intention de se livrer à un exercice d'autocritique sur sa gouverne à la FTQ et à la présidence du conseil d'administration du Fonds de solidarité. Il a plutôt condamné les «attaques antisyndicales féroces» contre la FTQ et le Fonds, attaques relayées, à son avis, par des médias qui ratissent large au service de la droite néolibérale. Cette tendance hostile au syndicalisme est incarnée, à ses yeux, par le tandem Régis Labeaume, maire de Québec, et Pierre Karl Péladeau, grand patron de Québecor.

«Quand je vois l'acharnement du maire Régis Labeaume à l'endroit des cols bleus et des cols blancs de la ville de Québec, je ne peux m'empêcher de penser au tandem Labeaume-Péladeau dans le projet d'amphithéâtre. Je ne peux m'empêcher de faire le lien avec l'acharnement de Pierre Karl Péladeau dans le conflit du Journal de Québec, du Journal de Montréal et de Vidéotron», a-t-il déclaré.

Durant son allocution, M. Arsenault a peu fait de cas de l'influence alléguée du crime organisé dans les affaires du Fonds de solidarité. Il s'est limité à dire que les règles de gouvernance avaient été resserrées il y a quatre ans et que le Fonds avait été victime d'allégations «souvent mensongères».

«Au printemps 2009, dès qu'on a parlé publiquement de tentatives d'infiltration du Fonds de solidarité et d'allégations de toutes sortes, souvent mensongères, on a rapidement pris la décision, dans le processus d'amélioration continue qui a toujours été le nôtre, de resserrer les règles de gouvernance. Cette décision a été prise à l'unanimité par le conseil d'administration du Fonds», a-t-il fait valoir.

M. Arsenault a vanté la croissance du Fonds qui est passé depuis 2008 de 570 000 actionnaires à 615 000. Pendant la même période, la valeur nette de l'action est passée de 21,20 $ à 27,98 $ et les actifs ont grimpé de 6,2 milliards $ à 9,3 milliards $.

M. Arsenault a cependant admis que la prochaine campagne du Fonds «sera sans doute plus difficile». Là encore, les médias et la droite économique sont à blâmer.

«C'est parfois difficile d'avancer dans une tempête mais ce n'est pas le temps de lâcher: ce serait satisfaire les requins de la finance et leurs alliés les médias qui lorgnent dans notre direction», a-t-il dit.

Contesté à l'interne, son nom mentionné devant la Commission Charbonneau, M. Arsenault a annoncé au début du mois de novembre qu'il tirait sa révérence après six ans passés à la barre de la FTQ.

M. Arsenault avait publiquement appuyé la candidature de M. Boyer, qui sera couronné à la fin de la semaine à la suite du désistement de son seul adversaire, Claude Généreux.

«J'ai écouté les membres du SCFP et des autres affiliés de la FTQ. Je conclus qu'une grande partie de la base militante souhaite que je me présente comme secrétaire général, plutôt qu'à la présidence. Ce message, ce conseil, m'a été donné à plusieurs reprises», a expliqué M. Généreux.