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25/11/2013 07:42 EST | Actualisé 25/01/2014 05:12 EST

Fin des crédits fédéraux : la FTQ maintient la pression

Le PDG du Fonds de solidarité FTQ, Yvon Bolduc, a livré un ultime plaidoyer en faveur du maintien des crédits d'impôt fédéraux sur les investissements dans les fonds de travailleurs. Mais ses appels n'ont pas semblé trouver une oreille attentive parmi les députés conservateurs du comité parlementaire des finances, lundi.

Le gouvernement de Stephen Harper a annoncé dans son dernier budget l'abolition du crédit fédéral de 15 % pour les fonds de travailleurs. Conjugué au crédit d'impôt provincial, les épargnants québécois qui choisissaient d'effectuer des placements dans ces fonds bénéficiaient d'un crédit total de 30 %. La part du fédéral fondera comme neige au soleil dès 2015, pour être complètement supprimée en 2017.

En comité parlementaire lundi, M. Bolduc a insisté sur l'importance du Fonds de solidarité, tant pour l'épargne des Québécois que pour la vitalité économique de la province.

« La suppression du crédit d'impôt va réduire nos entrées de fonds et ça aura comme conséquence immédiate une diminution importante de notre capacité à investir dans l'économie », a-t-il insisté. Il estime que si le projet de loi est adopté dans sa forme actuelle, il devra faire une croix sur 4,5 milliards de dollars sur dix ans en entrées de fonds.

M. Bolduc a rappelé l'offre que le Fonds de solidarité FTQ et le Fondaction CSN avaient faite à Ottawa, soit d'injecter 2 milliards de dollars dans le capital-risque dans les 10 prochaines années. Un montant de 550 millions aurait notamment été investi dans des fonds privés du Québec et 400 millions hors de la province. En échange, le fédéral aurait consenti à maintenir les crédits d'impôt comme avant.

M. Bolduc se désole de n'avoir reçu aucun signe positif de la part du gouvernement conservateur sur cette offre, hormis un accusé de réception.

« Malheureusement, j'arrive à la conclusion aujourd'hui qu'il n'y a pas eu d'ouverture d'esprit pour dire : oui, on peut travailler ensemble », a-t-il déclaré.

Il assure toutefois ne pas perdre espoir de voir Ottawa faire marche arrière.

Fin de non recevoir

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a défendu sa décision plus tard dans la journée alors qu'il comparaissait à son tour devant le comité parlementaire des finances.

M. Flaherty a notamment souligné que les crédits alloués aux fonds des travailleurs ne jouaient plus leur rôle initial, soit aider les PME à démarrer.

« Je dois regarder le système au Canada, pas seulement au Québec et en Ontario », a-t-il expliqué. « Je vois que c'est un mécanisme qui ne marche pas pour l'investissement dans les petites entreprises. »

Au terme de l'exercice financier 2012-2013, le Fonds de solidarité FTQ comptait 615 664 actionnaires et un actif net de 9,3 milliards de dollars.