DIVERTISSEMENT
25/11/2013 10:42 EST | Actualisé 25/01/2014 05:12 EST

Le chanteur Corneille lance son sixième album, intitulé «Entre nord et sud»

Agence QMI

MONTRÉAL - L'auteur-compositeur-interprète Corneille lance cette semaine son sixième album, intitulé «Entre nord et sud».

Dans ce nouvel opus, qui paraît plus de dix ans après son premier, «Parce qu'on vient de loin», Corneille souhaitait marier les codes de la musique de son adolescence, le hip-hop, à ceux des courants musicaux qui agitent actuellement le Nigéria et le Ghana et qu'il suit de très près.

«Il y a toujours les musiques qu'on apprend et celles auxquelles on tend à s'intéresser spontanément», a-t-il expliqué à La Presse Canadienne, en entrevue téléphonique.

«Moi, spontanément, à partir de l'âge de 11-12 ans, c'est le r&b et le hip-hop américains qui m'ont vraiment intéressé tout de suite. C'est cette musique-là et ses codes qui m'ont donné envie de faire de la musique un métier plus tard.»

L'artiste originaire du Rwanda admet avoir beaucoup évolué depuis ses débuts, se disant aujourd'hui plus ouvert aux collaborations et prêt à lâcher prise davantage en ce qui a trait à sa musique. Plusieurs artistes ont d'ailleurs été invités à mettre leur touche personnelle sur l'album, notamment son bon ami Gage, les rappeurs français Youssoupha et Kery James, l'artiste hip-hop nigérien Ice Prince et la Québécoise Nadja.

«Je laisse aller un peu plus, admet le chanteur lorsqu'on lui parle de son évolution en tant qu'artiste. Je suis beaucoup moins obsédé par la volonté de contrôler tout, surtout quand ça revient à la musique. Déjà, l'ouverture aux autres et le fait de partager, c'était un premier pas vers cette ouverture d'esprit-là parce que c'est vrai que j'ai longtemps été très casanier avec la musique.»

«Avec le temps, j'ai accepté l'idée de partager plus cette musique-là avec d'autres créateurs, parce que je trouvais qu'après deux, trois, quatre albums, à un moment donné, on finit par tourner en rond à force de vouloir tout faire tout seul.»

Pour Corneille, le nouvel album est synonyme de nouveau départ, parce qu'il affirme avoir, pour la première fois, l'impression «d'assumer le fait d'être Africain, mais de ne pas être que ça, et d'avoir une forte influence afro-américaine, mais de ne pas être que ça».

«On m'a souvent demandé: "Es-tu un artiste r&b? Es-tu un artiste pop?" J'ai souvent voulu orienter les gens dans un sens ou dans l'autre, selon l'inclination de l'album que j'étais en train de défendre, a-t-il raconté. Je pense que c'est parce que je n'assumais pas cette mixité-là. Sur cet album, pour la première fois, je l'entends. (...) On sent vraiment ces différentes influences et je pense que ça reste cohérent parce que c'est justement qui je suis.»

«Assumer son identité, c'est quelque chose qui a été un combat pour moi surtout en tant qu'artiste, mais (aussi) en tant qu'être humain de manière générale. On nous conditionne à trouver sa case, à trouver son groupe, à développer un sens d'appartenance qui arrive à réduire notre identité à quelque chose de précis, de facilement nommable, puis moi, je ne me suis jamais retrouvé là-dedans, mais j'avais du mal à assumer cette spécificité-là de ma nature et de ce que je crée aussi.»