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25/11/2013 03:31 EST | Actualisé 25/01/2014 05:12 EST

Accord avec l'Iran: les sanctions pourraient être allégées dès décembre

PARIS - Les sanctions imposées à l'Iran pourraient être allégées dès le mois de décembre, a indiqué lundi le ministre français des Affaires étrangères, après la conclusion d'un accord historique qui donne six mois à l'Iran pour qu'il facilite l'accès à ses installations nucléaires, en échange de quoi le pays pourra maintenir les principaux éléments de son programme d'uranium.

L'accord, annoncé dimanche, prévoit d'alléger certaines sanctions qui ont plombé l'économie iranienne au fil du temps. Ces sanctions ont été imposées face aux craintes que l'Iran n'utilise son programme nucléaire pour concevoir des armes atomiques. Téhéran nie vouloir obtenir de telles armes.

«Une décision de l'Europe dans son ensemble est nécessaire» pour alléger les sanctions contre l'Iran, a déclaré lundi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à la radio Europe 1. Une telle décision «est attendue dans plusieurs semaines» et concernera une «levée partielle et réversible» des sanctions, a-t-il précisé.

Les États-Unis et les Nations unies ont imposé à l'Iran des sanctions distinctes de celles de l'Union européenne.

L'accord conclu dimanche permet à l'Iran de garder les principaux éléments de son programme d'uranium, tout en lui interdisant de mener des activités d'enrichissement à un niveau permettant de concevoir des armes nucléaires. L'Iran aura six mois pour permettre aux inspecteurs de l'ONU d'accéder plus librement à ses installations nucléaires. En échange, les sanctions qui visent le pays, notamment dans les domaines pétrolier, automobile et de l'aviation, seront allégées mais pas complètement levées.

L'accord est considéré comme une première étape, mais Israël le qualifie d'erreur «historique» parce qu'il accepte effectivement que l'Iran soit une puissance nucléaire en devenir. Israël fait cause commune avec l'Arabie saoudite, qui partage ses inquiétudes face à l'obtention de l'arme nucléaire par l'Iran et l'influence grandissante de Téhéran dans la région.

À son retour à Téhéran après les négociations, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, a déclaré à la télévision publique que son pays était prêt à des négociations de suivi rapides afin de maintenir l'accord sur la bonne voie.

«Nous sommes prêts à entamer l'étape finale de l'accord nucléaire dès demain», a déclaré M. Zarif, qui a été accueilli par des centaines d'étudiants enthousiastes dimanche.

Il ne semble pas y avoir d'opposition majeure à l'accord en Iran, à part une série de demandes de clarification provenant des députés. Aux États-Unis, cependant, plusieurs membres du Congrès se sont dits sceptiques quant au respect de l'accord par l'Iran.