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23/11/2013 05:54 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Vancouver, la capitale canadienne du bitcoin 

Le premier guichet automatique distribuant des bitcoins est en service à Vancouver et une trentaine de commerçants acceptent cette devise virtuelle comme monnaie d'échange pour leurs produits et services.

Un restaurant chinois, un massothérapeute, un photographe, un paysagiste ou encore une entraîneuse personnelle font partie de ces commerces qui se sont embarqués dans l'aventure bitcoin, sachant qu'ils ne verront jamais la couleur de l'argent puisqu'il s'agit d'une crypto-devise que personne n'a eue ou n'aura dans sa main ou sa poche.

Pour Amanda Krystalovich qui a fondé Krystal Fit Studio, une salle d'entraînement aussi grande qu'un mouchoir de poche, l'avantage est important, car elle ne paie pas de frais d'administration comme si elle devait accepter une carte Visa par exemple.

Avec la hausse de la valeur du bitcoin ces derniers jours, elle voit son portefeuille virtuel grandir.

Créé en 2009 par une personne ou un groupe anonyme qui répondent au nom de Satoshi Nakamoto, le bitcoin est une crypto-devise née d'un algorithme. Ces créateurs voulaient inventer une solution pour contourner les crises financières et éviter la dépendance aux banques.

21 millions d'unités

À la différence d'une devise gérée par une banque centrale, où la planche à billets permet de réinjecter des milliards et des milliards sur le marché, le nombre de bitcoin ne changera jamais. Il sera toujours de 21 millions d'unités. Sa rareté en fait donc une cible de spéculation et une source d'instabilité à hausse comme à la baisse.

Pour preuve, à son lancement en 2009, la monnaie valait cinq cents. Le lundi 18 novembre, sa valeur a explosé au-dessus des 800 $ avant de retomber plus tard cette semaine à environ 650 $. Il est impossible de prédire qu'elle sera sa valeur dans un an.

Le phénomène bitcoin dérange et intrigue parce qu'il échappe à tout contrôle gouvernemental. Il n'y a en effet aucune banque centrale qui régit le système bitcoin. Ce sont les clients du réseau bitcoin qui forment ensemble le "système" à l'aide d'un programme sécurisé.

Toutes les transactions se font par le biais de portefeuilles virtuels et son cours varie selon l'offre et la demande.

Le groupe financier coopératif Desjardins a publié une étude pour relativiser le succès du système bitcoin et mettre en garde contre cette solution de rechange qui n'en est pas une, selon l'institution financière.

On peut y lire : « En choisissant une crypto monnaie, ces gens feraient face au problème de la déflation, au manque de réglementation et au risque de bulle spéculative. Le taux de change d'une crypto monnaie pourrait donc être tout aussi volatil que celui d'une monnaie nationale mal gérée. Dans ces situations, le meilleur choix reste encore une monnaie nationale stable d'envergure internationale, comme le dollar américain ou l'euro ».

Reste que si l'intérêt suscité par le bitcoin est bien réel, il attire également les organisations criminelles qui voient là un moyen de contourner les institutions conventionnelles trop curieuses à leur goût pour pratiquer leurs activités illégales.

Le département de la justice américaine s'inquiète d'ailleurs de l'anonymat qui régit le système bitcoin et qui pourrait permettre de dissimuler des transactions criminelles.

En attendant qu'une réglementation vienne régir ce nouveau système monétaire, le système a déjà ses clients.

À Vancouver, Clifton McDougall a choisi d'accepter les bitcoins dès l'ouverture en août dernier de son restaurant Bestie situé au centre-ville.

S'il s'estime confiant dans le système, il note déjà un phénomène intéressant : le 18 novembre dernier, alors que la valeur du bitcoin ne faisait que monter, ses clients ont préféré garder leurs bitcoins dans leur portefeuille et payer leur repas avec de l'argent conventionnel.

D'après un reportage de Frédéric Arnould