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23/11/2013 08:39 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Une entente est intervenue dans le dossier du programme nucléaire iranien

GENÈVE - L'Iran a conclu une entente nucléaire d'envergure historique avec les États-Unis et cinq autres puissances mondiales dimanche, dans ce qui se veut le développement le plus significatif entre Washington et Téhéran après plus de trois décennies de brouille entre les deux nations.

Cet accord intérimaire oblige l'Iran à mettre un frein à ses activités nucléaires en échange d'une réduction limitée et graduelle de sanctions à l'endroit de la république islamique.

L'entente émane de l'élan issu du dialogue amorcé lors de la réunion annuelle des Nations unies en septembre dernier, incluant une conversation téléphonique d'une durée de 15 minutes entre le président américain Barack Obama et le nouveau président iranien, Hassan Rouhani.

Il s'agit d'un jalon marquant entre les deux pays, qui ont rompu leurs relations diplomatiques il y a 34 ans lorsque la révolution islamique qui s'installait alors en Iran a mené à une invasion de l'ambassade des États-Unis à Téhéran. Depuis ce jour, les liens entre les deux pays ont varié de froids à hostiles — jusqu'aux récents échanges entre les deux présidents.

Lors d'une déclaration officielle à la Maison-Blanche, samedi soir, le président Barack Obama a déclaré que cette entente représentait «un important premier pas» et «un nouveau chemin» vers un monde plus sécuritaire. Selon M. Obama, l'accord inclut des «contraintes substantielles» à l'endroit de l'Iran et lui bloque l'accès le plus probable vers la fabrication d'une bombe nucléaire.

Un communiqué de la Maison-Blanche décrivait l'entente nucléaire de «pas initial, d'une durée de six mois».

De façon plus spécifique, le communiqué précise que l'entente limitera les stocks existants d'uranium enrichi de l'Iran, qui peut être transformé en matière fissile servant à fabriquer des ogives atomiques. Il ajoute que le programme nucléaire iranien sera sujet à «une transparence accrue et une surveillance à grande échelle».

En échange, le communiqué a promis une «réduction (des sanctions) limitée, temporaire, ciblée et réversible» à l'endroit de l'Iran, tout en ajoutant que «la structure des importantes sanctions pétrolières, bancaires et financières demeurait en place».

Le communiqué précise aussi que toute réduction limitée des sanctions sera révoquée et de nouvelles pénalités seront imposées si l'Iran ne respecte pas ses engagements.

Ce consensus survient après presque dix ans d'efforts internationaux vains pour mettre fin à l'expansion du programme nucléaire iranien. Téhéran insiste sur le fait que son programme a des visées pacifiques et non pour objectif de construire des armes nucléaires.

Les négociations entre les deux clans semblaient s'être embourbées, dimanche matin, malgré l'intervention personnelle du secrétaire d'État américain John Kerry et d'autres ministres des Affaires étrangères, dont la présence avait soulevé des espoirs d'une solution.

Les deux parties s'étaient limitées à dire que les négociations se concentraient sur la structure précise des textes qui pourrait s'avérer essentielle dans la formation d'une entente qui conviendrait aux deux camps.

Le sous-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait notamment décrit les négociations comme se trouvant «dans leur onzième heure», soit que la majorité des problèmes étaient réglés, mais qu'un accord n'était pas encore conclu. S'adressant à des journalistes, M. Araghchi avait confié que les deux parties s'étaient entendues sur 98 pour cent de la version préliminaire, mais que les 2 pour cent restants étaient très importants pour son pays.

Le but était de parvenir à un accord pour geler le programme nucléaire iranien pendant six mois, tout en offrant aux Iraniens un relâchement limité des sanctions économiques.

Tout en se disant prêts à accepter des compromis, les Iraniens portaient attention aux critiques de la part des tenants de la ligne dure, à Téhéran, qui s'opposent aux ententes avec les États-Unis.

M. Kerry et ses homologues de la Russie, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Chine et de l'Allemagne avaient rejoint les discussions à Genève, après que les Affaires étrangères iraniennes et la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton eurent fait état de progrès sur l'enrichissement et d'autres dossiers, vendredi.