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23/11/2013 09:11 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Nucléaire iranien : un accord a été trouvé

Une impasse diplomatique vieille d'une décennie a connu un premier pas important vers sa résolution. L'Iran et les six grandes puissances sont parvenus à un accord dans l'épineux dossier du nucléaire iranien.

Cette entente préliminaire vise à réduire l'ampleur du programme nucléaire iranien en échange d'un allégement des sanctions économiques qui étranglent la République islamique depuis des années.

Les négociateurs sont parvenus à un compromis sur le droit à l'enrichissement de l'uranium, dont Téhéran avait fait un enjeu de souveraineté nationale. C'était d'ailleurs un point de litige majeur dans les discussions.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a estimé que le programme iranien d'enrichissement de l'uranium était « reconnu ».

De son côté, le secrétaire d'État américain a affirmé que l'accord ne faisait aucune reconnaissance du « droit » à l'enrichissement d'uranium.

Dans une déclaration officielle télédiffusée depuis la Maison-Blanche, le président Barack Obama a déclaré que l'entente est « un important premier pas » et « un nouveau chemin » vers un monde plus sécuritaire.

Selon le président américain, l'accord prévoit des « contraintes substantielles » auxquelles l'Iran doit se soumettre. Il bloquerait aussi « le chemin le plus évident » vers le développement d'une bombe nucléaire.

De son côté, le président iranien, Hassan Rohani, a également salué la conclusion de l'accord de Genève.

« Le vote du peuple en faveur de la modération et de l'engagement constructif et les efforts infatigables des équipes de négociation vont ouvrir de nouveaux horizons », a indiqué le président réputé modéré sur son compte Twitter.

Quelques détails de l'accord

Un haut responsable de l'administration Obama a affirmé qu'en vertu de l'entente, l'Iran mettra fin à l'avancement de son programme nucléaire, incluant un réacteur de plutonium à ses installations d'Arak.

L'accord prévoit aussi la neutralisation des stocks iraniens d'uranium enrichi à 20 %, et la tenue d'inspection à grande échelle.

En échange, l'accord préliminaire signé à Genève assure à Téhéran l'accès à des milliards de dollars de revenus, liés au pétrole, aux produits pétrochimiques et à l'or. Ces avoirs étaient bloqués à l'étranger en vertu des sanctions économiques contre la République islamique.

Négociations serrées

Les négociations sont allées bon train, depuis mercredi. La présence à Genève des ministres des Affaires étrangères américain, chinois, russe, français, britannique et allemand - John Kerry, Wang Li, Sergueï Lavrov, Laurent Fabius, William Hague et Guido Westerwelle - semblait montrer samedi que les discussions en étaient à un point crucial.

Les négociations butaient sur la question de l'enrichissement de l'uranium. L'Iran a indiqué samedi qu'il ne pourrait pas accepter d'accord avec le groupe P5+1 qui ne reconnaîtrait pas son droit à enrichir de l'uranium, une demande que les États-Unis et les Européens avaient refusée à plusieurs reprises.

« Au cours des dix dernières années, l'Iran a résisté aux pressions économiques et politiques et aux sanctions destinées à lui faire abandonner ses activités d'enrichissement », avait dit le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Arakchi, devant la presse, samedi.

« De fait, tout accord qui ne reconnaîtrait pas le droit de l'Iran à enrichir, pratiquement et verbalement, ne serait pas acceptable pour Téhéran », avait-il ajouté au quatrième jour des négociations avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne.

M. Arakchi avait indiqué que « 98% des progrès » avaient été accomplis dans les discussions avec les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne et qu'il ne demeurait que quelques zones de désaccord. Les 2 % restant étaient peut-être « beaucoup plus importants que les autres points », avait précisé M. Arakchi. Le droit à l'enrichissement d'uranium n'est pas mentionné dans le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont l'Iran est signataire.

Cette question est au coeur des inquiétudes des pays occidentaux et d'Israël. Ils craignent que l'uranium enrichi à 20 % soit utilisé par l'Iran pour obtenir de l'uranium à 90 % pour un usage militaire, L'Iran a toujours affirmé que cet uranium est destiné à son réacteur de recherche et à des fins médicales.