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23/11/2013 06:42 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Élan de générosité pour le chauffeur de taxi montréalais tué

Un élan de solidarité est né après le meurtre du chauffeur de taxi, Ziad Bouzid, cette semaine à Montréal. L'entreprise avec laquelle il était affilié, Taxi Diamond, est parvenue à amasser plus de 15 000 $ pour son épouse et ses trois enfants grâce à une collecte de fonds.

« Tout le monde veut aider la famille », dit Denis Laramée, le directeur général adjoint de Taxi Diamond. Samedi après-midi, la compagnie a créé une page reliée à son site Internet qui permet de faire des dons en ligne. Il est aussi possible de se présenter aux bureaux de l'entreprise pour y faire un don.

Les chauffeurs de taxi ont déjà donné environ 3000 $. Taxi Diamond versera une somme qui sera l'équivalent du double du montant des dons des chauffeurs. L'entreprise permet aussi au public de faire des dons afin d'aider la femme et les trois enfants du chauffeur de taxi tué, dans cette difficile épreuve. « On a décidé d'accepter les dons du public pour la famille », dit M. Laramée. Les membres du public ont déjà versé environ 5000 $. En date de samedi après-midi, environ 15 000 $ ont déjà été recueillis, selon M. Laramée.

La campagne va continuer pendant encore plusieurs jours. « Tant que ça fonctionne, on n'arrêtera pas », dit-il. La compagnie organise à l'occasion des collectes de fonds, normalement pour venir en aide à des chauffeurs qui traversent des situations très difficiles, mais il s'agit alors de campagnes à l'interne. Normalement, quelques centaines de dollars sont récoltées, lors de pareilles collectes.

Installer des caméras pour protéger les chauffeurs

Le chauffeur de taxi de 45 ans a été tué un peu avant minuit, mardi, dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal. L'homme d'origine algérienne a été agressé après avoir répondu à l'appel d'un client.

La police a confirmé jeudi soir l'arrestation d'un suspect. Les policiers de Longueuil ont intercepté l'homme de 43 ans rue Nobel, à Boucherville, sur la Rive-Sud. On ne connaît pas encore les motifs entourant le meurtre, mais la victime et l'agresseur ne se connaissaient pas et l'acte n'était pas prémédité, selon la police.

Cette affaire refait surgir la question de la sécurité des chauffeurs de taxi. Plusieurs d'entre eux réclament des équipements supplémentaires pour mieux les protéger. « Absolument que j'ai peur, jour après jour », dit Kerala Akbani, qui souhaiterait que des barrières de sécurité transparente soient installées afin de créer une séparation entre le chauffeur et les clients qui sont assis sur la banquette arrière. De tels boucliers ont été installés dans tous les taxis de Winnipeg, en 2010.

Mais chez Taxi Diamond, on n'est pas convaincu que la vitre de protection permettra d'améliorer la sécurité des chauffeurs. M. Laramée souhaite que la Ville de Montréal, et le ministère des Transports qui réglemente l'industrie du taxi en région imposent l'installation de caméras dans tous les véhicules.

« La caméra ne prévient pas des crimes si elle n'est pas rendue obligatoire. Si c'est bien présent, les gens finissent par le savoir, donc ils ne vont pas faire des crimes », croît M. Laramée. Et si un crime est commis, les images captées par une caméra pourraient permettre de retrouver le suspect, estime-t-il. La présence d'une caméra peut aussi permettre aux chauffeurs de détecter les signes avant-coureurs d'une agression, lorsqu'un client tente par exemple de se cacher le visage.

Une récente étude publiée dans l'American Journal of Preventive Medicine montre que les caméras sont plus efficaces que les boucliers de protection.

Le Bureau du taxi de Montréal entend d'ailleurs recommander à la Ville l'installation de caméras, dans les prochaines semaines, dit M. Laramée. Il espère que le ministère des Transports ira dans le même sens, afin que les taxis en région en soient aussi équipés.

Si le meurtre de M. Bouzid est un cas extrême, les agressions sont plus courantes dans le milieu du taxi. En moyenne une fois par mois, un chauffeur est victime d'un vol à main armée, selon M. Laramée. Et tous les jours, des clients descendent sans payer la course, dit-il.

Des caméras ont déjà été testées à Montréal, ces derniers mois. L'installation d'une caméra dans un taxi coûte quelques centaines de dollars. La facture devrait revenir aux propriétaires des voitures, estime M. Laramée, qui explique que sa compagnie offre seulement des services de réparation.

M. Laramée croit qu'il ne faut pas augmenter les prix de la course pour permettre aux chauffeurs de financier l'installation éventuelle de caméras, car cela pourrait faire fuir la clientèle.