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23/11/2013 01:01 EST | Actualisé 23/01/2014 05:12 EST

Conférence sur le climat à Varsovie: un compromis permet de poursuivre les négos

VARSOVIE, Pologne - Évitant une impasse de dernière minute, les négociations annuelles des Nations unies sur les changements climatiques ont quelque peu progressé, samedi, avec un modeste ensemble de décisions devant ouvrir la voie à un nouvel accord pour combattre le réchauffement planétaire.

Plus de 190 pays ont donné leur accord à Varsovie pour préparer des «contributions» en vue de la nouvelle entente, qui doit être adoptée en 2015.

Ce terme fut adopté après que la Chine et l'Inde se furent opposées au mot «engagements» lors d'un affrontement avec les États-Unis et d'autres pays industrialisés.

Les économies à croissance rapide soutiennent qu'elles sont encore des pays en développement, et qu'elles ne devraient donc pas adopter des engagements aussi contraignants pour réduire les émissions de dioxyde de carbone que les pays riches.

Selon Jennifer Morgan, du groupe de réflexion World Resources Institute, les négociateurs à Varsovie sont parvenus, à la toute dernière seconde, à réaliser juste assez de progrès pour permettre de poursuivre le processus.

La conférence a également donné l'occasion de renforcer un programme visant à réduire la déforestation, en plus de mettre sur pied un mécanisme de «pertes et dommages» pour aider les États insulaires et d'autres pays vulnérables menacés par la hausse du niveau des océans, les événements météorologiques extrêmes et d'autres impacts climatiques.

La formulation était suffisamment vague pour que les pays industrialisés soient rassurés en ce sens qu'ils ne seraient pas tenus responsables des catastrophes climatiques dans les pays en voie de développement.

Les États-Unis et d'autres pays riches ont également résisté à des pressions pour qu'ils s'engagent fermement à respecter une promesse d'augmenter à 100 milliards $ US, en 2020, les contributions financières destinées aux pays en développement.

Ces sommes sont destinées à favoriser, dans ces pays en développement, la transition vers des sources d'énergie plus propres, et l'adaptation aux modifications climatiques qui peuvent perturber l'agriculture, la santé humaine et les économies en général.

«Je crois que nous avons obtenu un bon résultat, au bout du compte. Ce furent des négociations très ardues», a résumé Todd Stern, envoyé climatique des États-Unis.

Historiquement, la majorité des émissions proviennent des nations industrialisées, mais les pays en développement effectuent un rattrapage rapide, propulsés par une forte croissance dans les principaux pays, dont l'Inde, le Brésil et la Chine — le plus grand pollueur de carbone de la planète.

Bien que Pékin ait fortement investi dans les sources d'énergie renouvelables, le gouvernement chinois hésite à promettre des réductions d'émissions, puisqu'elle tire près de 70 pour cent de son énergie de la combustion du charbon, la source d'énergie la plus polluante.

Les négociations ont été paralysées pendant plusieurs heures, samedi, lorsque la Chine et l'Inde ont déposé des demandes — qu'ils ont finalement abandonnées — liées à un article de la convention onusienne sur les changements climatiques. Cet article, qui remonte à 1992, spécifie que seuls les pays industrialisés devaient prendre des engagements pour réduire les émissions polluantes.

L'Occident veut se débarrasser de cet «obstacle» dans le cadre du nouvel accord sur le climat qui, selon les pays participant à la conférence, devrait s'appliquer à tous.

Il n'est pas non plus possible de savoir sous quelle forme juridique se présenterait le futur pacte climatique.

Les mouvements environnementaux, qui ont quitté la conférence jeudi, ont fait part de leur déception à la suite de «l'incapacité» des participants de s'engager fermement contre les changements climatiques.