NOUVELLES
22/11/2013 07:42 EST | Actualisé 22/01/2014 05:12 EST

Troisième journée de pourparlers sur le nucléaire iranien

La troisième journée de pourparlers entre les grandes puissances et l'Iran sur le programme nucléaire de la République islamique a débuté vendredi à Genève par une rencontre entre Catherine Ashton et Mohammad Javad Zarif.

La porte-parole de la diplomatie européenne et coordinatrice du P5+1 et le chef de la diplomatie iranienne sont censés explorer les moyens de combler les divergences persistantes sur les principaux points d'achoppement.

Pour le moment, on ignore si cette rencontre a permis de rapprocher les points de vue pour obtenir un texte sur un accord intérimaire que pourraient signer les deux parties. Un délégué iranien s'est contenté de noter que cette session matinale a été « meilleure » que celle de la nuit dernière.

Jeudi soir, un diplomate occidental de haut rang avait estimé que « ce ne serait pas un drame » si cette troisième série de pourparlers à Genève était ajournée sans accord, si ce n'est de se revoir dans les semaines à venir.

Accord incertain

De sources diplomatiques occidentales, on minimise la possibilité d'une percée imminente sur les bords du lac Léman entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne et Chine) plus l'Allemagne et l'Iran.

Selon ces sources, des progrès ont été réalisés lors des deux premières journées, mercredi et jeudi, et plusieurs sujets de désaccord ont été aplanis.

Mais l'insistance mise par les Iraniens à ce que le P5+1 reconnaisse explicitement leur "droit" à enrichir l'uranium - ce qui peut déboucher sur des usages autant civils que militaires - reste pour l'instant difficilement surmontable.

Des diplomates occidentaux n'excluent pas la venue à Genève du secrétaire d'État américain, John Kerry, et de ses cinq homologues du P5+1, comme ce fut le cas lors des précédents pourparlers il y a deux semaines, pour tenter d'arracher un insaisissable accord.

« Souplesse »

Mais d'après un diplomate européen de haut rang, les ministres des Affaires étrangères des P5+1 ne viendraient que si un accord devait être signé. « Il y a eu des progrès, y compris sur les points-clés », a ajouté ce diplomate, mais quatre ou cinq sujets font toujours débat.

Pour sa part, l'un des négociateurs iraniens, le vice-ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a exhorté le P5+1 à faire montre de souplesse.

« Nous travaillons sur un texte dont la majorité des points recueille un assentiment général, ce qui est signe de progrès », a-t-il dit, cité par l'agence de presse officielle Irna. « Mais il existe toujours des divergences qui restent à aplanir ».

Le négociateur iranien a ajouté en guise d'avertissement : « Nous pouvons parvenir à un accord si l'autre partie fait preuve de souplesse. Mais si (nos interlocuteurs) ne sont pas flexibles et avancent des exigences excessives, les négociations ne progresseront pas ».

Israël, opposé à tout allègement des sanctions internationales en échange d'un accord intérimaire réduisant les activités nucléaires de l'Iran, a manifesté son peu d'optimisme.

« Nous pensons que ce n'est pas un accord utile et qu'il est même probablement dangereux », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Ze'ev Elkin, au micro de Radio-Israël.

« Améliorer cet accord autant que possible nous intéresse assurément, mais même ceux qui le soutiennent disent que son unique but est de gagner du temps ».

Le ministre israélien faisait apparemment allusion à la France, qui plaide inlassablement pour la fermeté face à l'Iran.

Reuters