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22/11/2013 12:56 EST | Actualisé 22/01/2014 05:12 EST

50e anniversaire de l'assassinat de Kennedy: le Canada se souvient

TORONTO - C'était un vendredi comme les autres, en 1963, alors que les Canadiens disposaient de tout le temps voulu pour se rendre en classe, faire une promenade, voire même sauter une journée de travail pour soigner un rhume hâtif.

Mais lorsqu'un homme a tiré des coups de feu, au sud de la frontière, et tué le président, les Canadiens ont rapidement partagé le deuil de leurs voisins américains.

À travers le pays, des hommes et des femmes se souviennent encore du moment précis lors duquel ils ont entendu que le président John F. Kennedy était tombé sous les balles d'un assassin.

L'heure, l'endroit, les événements et les émotions sont encore aussi vivaces aujourd'hui qu'ils l'étaient il y a 50 ans, affirment ces témoins.

Rodger Campbell, âgé de 64 ans, se rappelle très bien du rhume qui l'avait cloué au lit, ce jour-là. Installé sur un divan de sa maison de Toronto, M. Campbell s'est retrouvé, bien malgré lui, à voir l'histoire se dérouler devant lui, pratiquement en temps réel.

«Je regardais simplement la télévision et je me sentais mal, avant qu'ils ne coupent tout d'un coup aux nouvelles... c'était Walter Cronkite qui parlait du fait que Kennedy avait été abattu», a-t-il confié lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne.

Phyl Good était quant à elle une élève de sept ans vivant à Calgary, mais elle affirme que sa jeunesse de l'époque n'a en rien troublé les souvenirs d'une journée qui a traumatisé pratiquement tous les adultes auprès d'elle.

La quinquagénaire se souvient d'avoir vu sa mère habituellement stoïque être de plus en plus troublée alors qu'elle regardait la couverture en continu de la mort du président.

Selon elle, la crise des missiles cubains avait fait grande impression dans la vie des enfants, seulement un an auparavant. Ses camarades et elle-même s'étaient même pratiqués à agir dans le cas d'une attaque.

Pour Mme Good, l'implication de Kennedy dans cette saga avait suffi pour pousser le Canadien le moins calé en politique à se souvenir du président américain.

Quant aux souvenirs de Francine Melmer, ils touchent plutôt les retombées de la tragédie qui a ébranlé la planète.

Après que les rumeurs de la mort de Kennedy eurent circulé dans son école secondaire de London, en Ontario, elle fut stupéfaite de constater que tous ses proches avaient abandonné ce qu'ils faisaient.

«Tout le monde était figé devant la télévision. Ils ont annulé toutes les sorties prévues pour la fin de semaine, alors qu'ils regardaient la récapitulation de la fusillade», explique la femme aujourd'hui âgée de 64 ans.

L'assassinat, mais aussi le destin du meurtrier, a passionné ses proches, ajoute-t-elle.

«Les gens regardaient la télévision lorsque Lee Harvey Oswald a été abattu, ce qui n'était encore jamais arrivé.»

Plusieurs personnes estiment que la mort du président a ouvert une époque de peur et de tristesse pour ceux qui avaient été captivés par les Kennedy et les idéaux libéraux qu'ils représentaient.

«C'était l'époque de Camelot, se rappelle M. Campbell. C'était une époque où tous pensaient que le monde allait changer grâce à John F. Kennedy et ce qu'il était capable de faire.»