NOUVELLES
21/11/2013 02:44 EST | Actualisé 21/01/2014 05:12 EST

Érik Guay en a marre de toujours recommencer à zéro après les blessures

MONTRÉAL - À 32 ans, Érik Guay a appris à mieux accepter les résultats qu'il obtient dans les courses — même ceux au pied du podium. Par contre, il peine toujours à composer mentalement avec les blessures.

À quelques jours du début de la saison 2013-14 de la Coupe du monde de ski alpin et à quelques mois de ses troisièmes Jeux olympiques, l'athlète de Mont-Tremblant se croise les doigts que son genou et son dos le laisseront tranquille, comme ç'a été le cas ces dernières semaines.

Car il sait que la moindre anicroche — comme c'est arrivé à Lindsey Vonn cette semaine — pourrait faire dérailler ses plans, lui qui vise une première médaille olympique après avoir fini quatrième aux JO de Turin en 2006 et deux fois cinquième à Vancouver, il y a quatre ans.

«Ce qui me frustre plus qu'autre chose, c'est qu'on dirait que je n'ai jamais été capable de connaître une longue période de progression dans mon ski, pas plus de deux ans sans blessure», a lancé Guay lors d'un récent entretien avec La Presse Canadienne.

«On dirait qu'à chaque fois que ça commence à bien aller, je me blesse et je dois recommencer à zéro. Et ensuite je recommence à bâtir mon ski, les choses vont bien puis je me blesse encore...»

La preuve en a été faite encore cet été, quand une contusion osseuse à la tête du fémur l'a forcé à annuler son camp d'entraînement estival. Ce n'est que plus tôt ce mois-ci, au Colorado, que celui qui a maintes fois souffert de maux de dos au fil des ans a pu recommencer à s'entraîner sur neige.

La semaine dernière, Guay a indiqué que son retour sur skis se déroulait bien, si bien qu'il était toujours en mesure d'espérer commencer la saison en même temps que les autres spécialistes des épreuves de vitesse, la semaine prochaine à Lake Louise. La descente aura lieu le 30 novembre, précédée de trois descentes d'entraînement à partir du 27 novembre. Un super-G suivra, le 1er décembre.

Guay devrait être en mesure de donner des nouvelles de son état de santé dès vendredi à Calgary, alors qu'il sera au Panthéon des sports du Canada pour le dévoilement d'une exposition sur les «Canadian Cowboys», surnom donné aux skieurs canadiens.

Outre la médaille olympique, Guay visera cet hiver d'ajouter à son total de 19 podiums en carrière en Coupe du monde. Cela lui permettrait d'égaler le record canadien de 20, qui appartient au légendaire Steve Podborski.

Si le skieur québécois avait été épargné par les blessures au cours de sa carrière, le record serait sans doute le sien depuis quelque temps déjà. Mais Guay refuse de se laisser gagner par les émotions négatives à ce niveau-là.

«Il n'y a rien que je puisse y faire, je ne peux rien changer au passé. Je n'ai pas de regrets, a-t-il souligné. Par contre, je peux changer ce qui peut se passer dans le futur. Alors je mets toutes les chances de mon côté et j'espère que j'aurai moins de blessures dans les prochaines années.»

Guay se console aussi avec le fait que sa maturité de vétéran lui permet maintenant de retrouver ses sensations sur neige plus rapidement après une blessure.

«J'ai besoin de moins de temps de préparation qu'un jeune de 18 ans qui, lui, a besoin de beaucoup de volume d'entraînement», a-t-il noté.

Guay reconnaît que les Jeux olympiques de Sotchi seront le point de mire de sa saison, mais il veut aussi aborder chaque course de la Coupe du monde «avec des ambitions particulières». Y compris à Lake Louise.

«C'est sûr qu'on vise toujours de commencer en lion, mais la réalité, c'est que je vais sans doute commencer un peu lentement, a-t-il reconnu en évoquant l'étape albertaine. Quand même, le but c'est de bâtir vers les Jeux.

«J'aimerais connaître quelques bonnes courses avant d'arriver à Sotchi.»