NOUVELLES
21/11/2013 02:11 EST | Actualisé 21/01/2014 05:12 EST

Libye: les milices se retirent de Tripoli, le gouvernement durcit le ton

TRIPOLI, Libye - Des milices provenant de différentes villes libyennes se sont retirées jeudi de la capitale, Tripoli, près d'une semaine après que des miliciens aient ouvert le feu contre une foule qui dénonçait leur présence dans la ville, faisant plus de 40 morts.

Ce retrait représente un triomphe pour les résidants de Tripoli qui, le 15 novembre, ont manifesté en grand nombre contre ces milices qui alimentent l'instabilité nationale depuis la chute du régime Kadhafi en 2011.

Les groupes lourdement armés, dont certains sont dirigés par des islamistes extrémistes, défiaient l'autorité du gouvernement central. Ils s'étaient taillés de petits royaumes sur lesquels ils régnaient en maîtres.

Des témoins racontent que les miliciens ont abandonné leurs bases aux soldats gouvernementaux avant de quitter la ville. Ils ont toutefois gardé leurs armes — surtout des fusils d'assaut, des canons antiaériens montés sur des camions et des lance-grenades. Les miliciens qui sont partis provenaient notamment des villes de Misrata, à l'ouest de Tripoli, et de Zintan, au sud.

La décision du gouvernement de neutraliser les milices pourrait en revanche se révéler explosive et potentiellement donner naissances à des guerres ouvertes entre elles. Puisque plusieurs sont solidement enracinées dans des villes spécifiques, on pourrait assister à des affrontements ville contre ville dans un pays déjà fragmenté.

L'armée libyenne avait investi les rues de Tripoli lundi dans le cadre d'une opération visant à chasser les miliciens. Les soldats ont été chaleureusement accueillis par les habitants de la ville, qui en ont assez des groupes armés qui font la pluie et le beau temps dans le pays.

Il s'agissait de l'intervention la plus musclée à ce jour du gouvernement, mais l'armée et la police demeurent relativement faibles et ont besoin de l'appui militaire des milices alliées au gouvernement.

Jeudi, le premier ministre Ali Zidan a demandé aux Libyens de respecter l'armée et la police et d'obéir à leurs ordres. Il a indiqué avoir l'intention de déposer un projet de loi pour criminaliser la possession illégale d'armes, une mesure qui cible directement les milices.