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21/11/2013 01:00 EST | Actualisé 21/01/2014 05:12 EST

L'ex-policier Benoît Roberge a un 5e avocat et reviendra en cour le 11 décembre

MONTRÉAL - La parade d'avocats dans la cause de l'ex-policier Benoît Roberge se poursuit alors que la quatrième avocate à son dossier, Me Joëlle Roy, s'est à son tour retirée du dossier, jeudi, pour être remplacée par un cinquième juriste, Me Richard Perras.

L'enquête sur remise en liberté de Roberge, qui est soupçonné d'avoir vendu des informations aux Hells Angels, a ainsi été reportée pour la forme au 11 décembre, moment où une date devrait être fixée pour l'enquête.

Le procureur de la Couronne au dossier, Me Paul Roy, a reconnu que cette succession d'avocats rendait la situation plus complexe puisque chaque nouvel arrivant au dossier devait prendre connaissance de la preuve. Ses commentaires laissaient traduire une certaine exaspération.

«Je n'ai rien à dire dans le choix de l'avocat. C'est le choix de l'accusé, alors s'il (Me Perras) lui convient, tant mieux parce que je préfère avoir un vis-à-vis pour un dossier comme celui-là. (...) Théoriquement, il pourrait le faire (changer d'avocat) éternellement s'il veut, il y a 22 000 avocats au Québec», a indiqué Me Roy, tout en rappelant que l'accusé ne serait guère avantagé par un tel stratagème puisqu'il demeure détenu pendant ce temps.

Jeudi, Benoît Roberge lui-même a fait des représentations relativement à la divulgation de la preuve devant le juge Yvan Poulin. «Je n'ai pas eu l'occasion de lire aucun document depuis que je suis détenu. Ça fait 46 jours», a-t-il plaidé du box des accusés, sa première véritable intervention depuis qu'il est amené devant les tribunaux.

Paul Roy a cependant contesté cette affirmation devant les journalistes par la suite.

«Il a visionné beaucoup de matériel à ce moment-ci. Jusqu'à maintenant, il a pu consulter, a déclaré le juriste. Je sais qu'il a rencontré les enquêteurs pendant plusieurs heures et ils ont échangé beaucoup. Je ne peux pas vous dire exactement s'il reste beaucoup de matériel mais, à mon sens, non.»

Le procureur a précisé que Roberge avait consulté la preuve au quartier général de la Sûreté du Québec, rue Parthenais à Montréal, «pour des raisons de sécurité» et n'a par ailleurs pas exclu la possibilité de demander que l'enquête sur remise en liberté se déroule à huis clos, là aussi «pour des raisons de sécurité».

Le juge Poulin, quant à lui, s'est assuré auprès des avocats que ceux-ci ne procéderaient pas avec l'enquête sur remise en liberté le 11 décembre mais se contenteraient de lui demander de fixer une date. Le magistrat a précisé que, dans le cas contraire, il serait obligé de se retirer puisqu'il connaît l'accusé.

Le passé de Benoît Roberge pose d'ailleurs problème à quelques niveaux. Ainsi, Me Paul Roy et son collègue de la Couronne au dossier, Me Maxime Chevalier, sont tous deux rattachés au bureau de Québec du Directeur des poursuites criminelles et pénales. Cette décision a été prise parce que la conjointe de l'accusé, Me Nancy Potvin, est procureure de la Couronne dans le district de Montréal, ce qui aurait pu créer un malaise auprès de procureurs chargés de poursuivre Benoît Roberge et qui oeuvrent dans le même bureau qu'elle.

L'implication de l'accusé dans de nombreuses causes criminelles explique également en grande partie ses difficultés à conserver un avocat puisque plusieurs d'entre eux constatent, à la lecture de la preuve, qu'ils se retrouvent en conflit d'intérêts relativement à d'autres clients.

Benoît Roberge fait face à deux accusations liées au gangstérisme, une autre de tentative d'entrave à la justice et une d'abus de confiance.

Il a oeuvré pendant plus d'une dizaine d'années pour le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) au sein d'escouades spécialisées dans la lutte contre le crime organisé, où il avait atteint le rang de sergent-détective et était considéré comme un enquêteur de premier ordre.

Il avait récemment pris sa retraite du SPVM et occupait, depuis le mois de mars 2013, le poste de chef du service du renseignement à Revenu Québec, qui l'a remercié au début du mois.