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21/11/2013 11:54 EST | Actualisé 21/01/2014 05:12 EST

Les monnaies virtuelles volatiles et risquées, selon une étude

Les devises électroniques comme le bitcoin comportent des limites et des risques, met en garde une étude de Desjardins, rendue publique jeudi.

Contrairement aux monnaies traditionnelles, ces « cryptomonnaies » basées purement sur la spéculation échappent au contrôle des gouvernements et des banques centrales. L'absence de cadre réglementaire et de mécanisme de régulation est « très problématique », estime l'étude.

« Le contrôle que les banques centrales ont sur l'offre de monnaie et sur les taux d'intérêt de court terme leur permet non seulement de contenir l'inflation, mais aussi de lisser les cycles économiques et de contribuer à la stabilité financière », affirme Hendrix Vachon, économiste principal chez Desjardins.

Avec les cryptomonnaies, qui s'échangent sans recours à un intermédiaire, les citoyens ne bénéficient d'aucune protection et de recours en cas de préjudice, comme c'est le cas avec les monnaies traditionnelles, avance M. Vachon.

Activités illégales

Cette absence de règles créée en outre un terrain fertile pour les activités illégales, constate l'étude, citant en exemple l'Internet Silk Road, ou le « Ebay de la drogue », fermé récemment par le FBI. Ce marché virtuel avait comme particularité de n'utiliser que les bitcoins.

Ces monnaies non traditionnelles s'apparenteraient par ailleurs à un système de Ponzi. « La façon dont les cryptomonnaies sont créées semble donner un avantage aux premiers arrivants. Cela explique peut-être pourquoi autant de gens essaient de démarrer ce type de monnaie », constate l'étude.

Enfin, les cryptomonnaies pourraient également servir à l'évasion fiscale puisque « payer en bitcoins revient presque à payer en argent comptant », les paiements n'étant pas déclarés.

Le bitcoin volatil

L'étude estime en outre que la cryptomonnaie ayant le plus de succès, bitcoin, dont la masse monétaire atteint aujourd'hui 2 milliards de dollars, pourrait s'effondrer du jour au lendemain, à la suite par exemple d'une panne informatique ou d'un vol électronique.

Quelques entreprises acceptent déjà les paiements en bitcoin comme le forum Reddit et le site de stockage en ligne Mega (successeur de Megaupload). Jeudi, une université privée à Chypre annonçait qu'elle accepterait la monnaie virtuelle pour les droits de scolarité.

Certes, la crédibilité des banques centrales n'est pas assurée et la volatilité de certaines monnaies pourrait pousser des personnes à privilégier d'autres avenues, reconnaît l'étude. Mais « en choisissant une cryptomonnaie, ces gens feront face à un problème de déflation, au manque de réglementation et au risque de bulle spéculative. Le taux de change d'une cryptomonnaie pourrait donc être tout aussi volatil que celui d'une monnaie nationale mal gérée », conclut l'étude.