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20/11/2013 08:52 EST | Actualisé 20/01/2014 05:12 EST

Sénat: un conservateur aurait tenté d'influencer le contenu d'un audit

OTTAWA - Le président du Fonds conservateur du Canada aurait usé de ses contacts dans les hautes sphères de la firme Deloitte pour tenter d'influencer un audit sur le scandale des dépenses au Sénat, selon des documents révélés par la Gendarmerie royale du Canada, mercredi.

Si ces allégations s'avèrent véridiques, les doutes concernant l'indépendance de cet audit — qui concernait les dépenses contestées des anciens sénateurs conservateurs Mike Duffy et Patrick Brazeau et de l'ex-sénateur libéral Mac Harb —, ne feront qu'augmenter.

Dans les documents déposés à la cour, la GRC soutient qu'un effort concerté a été mis de l'avant pour convaincre les experts de Deloitte d'abandonner leurs vérifications dans le cas de Mike Duffy, le cabinet du premier ministre arguant que l'affaire serait de peu d'intérêt une fois les dépenses remboursées.

La GRC y cite des courriels révélant que le cabinet du premier ministre a demandé au sénateur conservateur Irving Gerstein, le président du Fonds conservateur du Canada, d'user de ses contacts chez Deloitte pour que Mike Duffy ne fasse plus l'objet d'un audit.

Le caporal Greg Horton mentionne un courriel du 1er mars rédigé par Nigel Wright, l'ex-chef de cabinet du premier ministre Harper, et adressé à un ancien avocat du Parti conservateur, Benjamin Perrin. L'avocat de Mike Duffy avait demandé à Me Perrin d'être tenu au courant de la décision de laisser tomber ou non les vérifications contre le sénateur.

Nigel Wright avait répondu ne pas avoir les dernières nouvelles à ce chapitre, tout en ajoutant avoir demandé à M. Gerstein d'essayer d'influencer le contenu du rapport.

La firme Deloitte nie que le contenu de son rapport final ait pu être influencé par M. Gerstein ou ses présumés contacts au sein de l'entreprise. Dans un courriel, le porte-parole Vital Adam soutient que la firme dispose de politiques internes pour identifier les possibles sources de conflits d'intérêts.

Selon les documents juridiques, M. Gerstein aurait d'abord consenti à puiser dans les fonds du parti pour payer la note de Mike Duffy, croyant qu'elle s'élevait à 32 000 $. Il a ensuite reculé lorsqu'il a constaté que la facture avoisinait plutôt les 90 000 $.