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20/11/2013 06:27 EST | Actualisé 20/01/2014 05:12 EST

Muskrat Falls alimente un débat chez les Terre-Neuviens

Depuis le tout début du mégaprojet hydroélectrique du bas Churchill, la population de Terre-Neuve-et-Labrador est divisée sur la question.

Ali Chaisson, homme d'affaires de Saint-Jean, veut que la province diversifie sa capacité énergétique. Son regard se tourne vers Muskrat Falls.

« C'est un projet ambitieux. C'est un projet qui naturellement prend un niveau de risques qui est plus élevé. Je pense que les éléments fondamentaux du projet sont effectivement bons », estime M. Chaisson.

Le projet de 7,7 milliards de dollars est en cours de réalisation. Dans quelques années, l'électricité sera acheminée dans la capitale, à 1500 kilomètres du barrage hydroélectrique. Ce sera un pas en avant, selon Ali Chaisson.

Selon le musicien Con O'Brien, à Saint-Jean, il s'agira plutôt d'un pas dans la mauvaise direction. Il affirme que c'est un grand projet pour un demi-million de Terre-Neuviens. Il souligne que la province n'a jamais dépensé autant d'argent sur un seul projet. Il ajoute que Terre-Neuve-et-Labrador est assise sur beaucoup d'argent grâce à l'industrie pétrolière et qu'on a décidé de l'investir dans un projet bien trop ambitieux pour la petite province.

Mais Saint-Jean vit au rythme du boom économique. Près de deux tiers des résidents appuient le projet, selon le dernier sondage de la firme Corporate Research.

« Je crois, avec ce gros projet-là, qu'on va voir de nouveaux entrants ici dans la province. Alors, je pense que ça va augmenter le nombre de francophones à Terre-Neuve-et-Labrador. Ça va aussi être [possible] de garder ceux qui sont déjà ici, qui sont dans les métiers spécialisés, en construction », prédit Cyr Couturier, président du Réseau de développement économique et d'employabilité de Terre-Neuve-et-Labrador.

Ce qui inquiète Con O'Brien, c'est l'énorme coût du projet. L'argent pourrait être dépensé ailleurs, selon lui. Il affirme que l'ouest de l'île a été négligé.

Con O'Brien pense que le gouvernement doit arrêter la construction et reconnaître son erreur avant qu'elle ne devienne la pire catastrophe de l'histoire de la province.

Ali Chaisson exprime aussi une certaine crainte. « Je ne veux pas que ce projet-là mange les fonds de [prévoyance] et brûle 50 % de plus et que ça devienne un projet de 20 milliards parce que là, on est foutu », dit-il. Mais il ajoute : « si on ne prend pas de risque, on ne se développera jamais ».

Ces deux Terre-Neuviens ont les mêmes rêves pour leur province, mais leur chemin vers la prospérité économique est bien différent.