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20/11/2013 08:13 EST | Actualisé 20/01/2014 05:12 EST

Greenpeace affiche son message sur la Biosphère

Les militants de Greenpeace qui avaient escaladé la Biosphère de l'île Saint-Hélène, mercredi matin, ont été arrêtés par la police, et feront face à des accusations de méfait. Ils ont été libérés sous promesse de comparaître.

Les trois grimpeurs avaient escaladé, peu avant 7 h, la structure de la Biosphère pour dénoncer l'emprisonnement de leurs collègues en Russie. Ils avaient déroulé une banderole sur laquelle on peut lire « Libérez nos activistes », pour interpeller le gouvernement canadien.

Le coup d'éclat de Greenpeance vise à faire libérer les militants arrêtés au cours d'une opération contre une plateforme pétrolière russe. « On est ici pour demander la libération définitive des 30 activistes de l'Arctique », a déclaré la militante Andréanne Lalonde. Assise dans la structure, elle a accordé une entrevue à RDI Matin. « Les accusations qui sont portées contre eux sont non seulement illégales, mais très graves et totalement démesurées par rapport aux manifestations pacifiques qu'ils ont faites. »

« On veut que nos activistes détenus en Russie soient libérés le plus rapidement possible », reprend le responsable du programme Climat-Énergie de Greenpeace, Patrick Bonin. « Alexandre Paul, le Montréalais, est toujours en prison. Certaines personnes ont été libérées sous caution, mais elles font encore face à des accusations très graves qui peuvent mener à sept ans de prison et on veut que ces accusations soient abandonnées le plus rapidement possible », a-t-il ajouté.

En s'attaquant à la Biosphère, un édifice fédéral, les militants souhaitent ainsi forcer le gouvernement canadien à intervenir politiquement auprès de la Russie pour libérer leurs collègues. « On demande que le gouvernement fédéral s'implique pour politiquement faire débloquer ce cas-là et faire abandonner par la Russie les accusations de hooliganisme qui sont complètement disproportionnées pour une manifestation pacifique », explique M. Bonin. Il souligne que la notion de violence associée aux accusations de hooliganisme est totalement étrangère aux actions de son organisme. « On est une organisation non violente, insiste M. Bonin. Depuis 42 ans, on fait des actions non violentes. »

M. Bonin estime que les activistes devraient déjà être rentrés chez eux et que leurs actions, loin de mériter les sept ans de prison qu'ils risquent, ne justifient même pas les deux mois qu'ils ont déjà passés en détention.

L'Ontarien Paul Ruzicky a été libéré mardi, mais le Montréalais Alexandre Paul y est toujours incarcéré. M. Paul devrait subir son enquête sous cautionnement jeudi.

Sans approuver le geste des activistes à la Biosphère, le ministre québécois des Relations internationales, Jean-François Lisée, a entendu leur appel. Il a contacté les autorités russes. « Nous, on espère que les accusations qui seront portées soient proportionnées à l'événement [qui leur est reproché] », a déclaré le ministre Lisée. Il estime que les militants doivent tout de même faire face à la justice et être tenus responsables de leurs gestes.

La famille déplore l'inaction du gouvernement

Les parents d'Alexandre Paul ont assisté au coup d'éclat de Greenpeace. Ils affirment soutenir les 30 militants qui ont été arrêtés.

Mme Paul, qui a parlé à son fils les 1er et 7 novembre dernier, a révélé qu'il était en colère contre le gouvernement canadien. Alexandre Paul reproche à Ottawa d'être inactif dans le dossier des Canadiens emprisonnés en Russie. « La seule chose que le gouvernement fait pour nous c'est de nous offrir des services consulaires », explique Nicole Paul.

Le père d'Alexandre, Raymond Paul, déplore que le gouvernement ait refusé de les rencontrer lors de leur visite à Ottawa. « La seule personne qu'on a pu rencontrer, c'est un député du NPD », confie M. Paul. « Ils ne sont pas au pouvoir, ils ne peuvent donc pas faire grand-chose. »

Un porte-parole du SPVM, Jean-Pierre Brabant, a confirmé que ses collègues avaient attendu que les militants redescendent en toute sécurité avant de les interpeller. 

De pirates à hooligans...

Les 30 militants de Greenpeace arrêtés par la garde côtière russe en septembre dernier après une opération contre une plate-forme pétrolière russe dans l'Arctique. Il souhaitait ainsi dénoncer les forages dans l'océan Arctique.

La garde côtière russe avait arrêté les militants et remorqué leur bateau, l'Arctic Sunrise, jusqu'au port de Mourmansk. Ils ont fait face à des accusations de piraterie avant de voir ces accusations réduites à hooliganisme. Ils risquent tout de même sept ans de prison en vertu de cette dernière accusation et l'organisation souhaite maintenant que les accusations soient complètement abandonnées.