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20/11/2013 03:36 EST | Actualisé 20/01/2014 05:12 EST

France: le tireur de «Libération» aurait été arrêté en périphérie de Paris

PARIS - Après deux jours d'une vaste chasse à l'homme, la police française a arrêté mercredi un homme soupçonné d'avoir blessé par balles un assistant-photographe de Libération et d'avoir perpétré trois autres attaques.

Les motifs du tireur n'avaient toujours pas été établis.

Le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, a identifié le suspect comme étant Abdelhakim Dekhar, condamné en 1998 en tant que complice d'un vol majeur et d'une poursuite en voiture ayant causé la mort de trois policiers et d'un chauffeur de taxi quatre ans plus tôt.

Dekhar avait purgé quatre ans de prison dans cette affaire, mais les autorités n'avaient aucun signalement de cet homme depuis ce temps.

En fonction des résultats d'ADN, les autorités estiment qu'il est le seul tireur derrière les multiples incidents ayant semé récemment un vent de panique en France.

Dekhar aurait tenté de s'enlever la vie avant d'être arrêté, mercredi, a affirmé M. Valls aux médias.

Une porte-parole du parquet de Paris, Agnès Thibault Lecuivre, avait déclaré plus tôt qu'un suspect affichant une «forte ressemblance avec le tireur» avait été arrêté dans un stationnement sous-terrain de Bois-Colombes, à 10 kilomètres au nord de la capitale.

Christophe Crépin, du syndicat UNSA Police, et Mme Lecuivre ont tous deux indiqué que l'homme semblait très intoxiqué lorsqu'il a été interpellé.

«Mes collègues ont remarqué qu'il n'était pas très lucide. Ils ont déduit qu'il avait ingéré des médicaments à cause des capsules qui se trouvaient à côté de lui. Ils ont appelé l'ambulance qui l'a transporté jusqu'à l'hôpital. Il y est incarcéré mais c'est dans un contexte hospitalier», a-t-il indiqué à l'Associated Press.

La police française croit qu'un seul homme est impliqué dans ces affaires. Il aurait également été mêlé, lundi, à d'autres tirs devant une succursale de la banque Société Générale, dans le quartier de la Défense, ainsi qu'à une brève prise d'otage d'un automobiliste.

Trois jours plus tôt, un incident semblable à celui de Libération s'était produit dans les locaux de la télévision BFM-TV mais personne n'avait été blessé.

Dans un effort pour accélérer l'arrestation du suspect, les autorités françaises ont publié ces derniers jours des extraits vidéo et des photos du tireur, qui aurait utilisé un fusil à pompe pour commettre ses méfaits.

La sécurité a été resserrée dans les locaux des autres médias parisiens de même que sur l'avenue des Champs-Élysées, très prisée des touristes. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a qualifié le journal Libération — fondé par le philosophe Jean-Paul Sartre — de «pilier de la démocratie» française.

Le tireur serait arrivé à la réception du quotidien vers 10 h, lundi matin, avant d'ouvrir le feu. Un photographe pigiste de 23 ans, qui a été atteint de projectiles près du coeur et dans le bras, a été hospitalisé d'urgence.

Moins de deux heures après ces tirs, trois autres coups de feu ont été tirés devant le siège social de la Société Générale, selon la police. Personne n'a été blessé, a précisé la direction de la banque.

Puis, moins d'une heure plus tard, un automobiliste a contacté la police pour signaler qu'il avait été pris en otage par un homme armé à Puteaux, non loin du quartier de la Défense, dans le nord-ouest de Paris. Il aurait été forcé de conduire sur une distance de six kilomètres et de déposer l'homme sur les Champs-Élysées.

Trois jours plus tôt, un homme armé avait menacé des journalistes de BFM-TV à la pointe de son fusil, sans faire de blessé. Il a abandonné derrière lui des cartouches inutilisées, lançant aux personnes présentes que «la prochaine fois, je ne vous manquerai pas», selon la police. On ignore si l'arme du suspect ne fonctionnait pas ou s'il a choisi de ne pas ouvrir le feu.