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19/11/2013 09:37 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

Libye: des centaines d'étudiants manifestent contre les milices

TRIPOLI, Libye - Des centaines d'étudiants universitaires libyens ont marché jusqu'à une place centrale de Tripoli, mardi, pour dénoncer la présence de milices armées dans la ville et demander à l'armée et à la police de faire sentir leur présence.

La manifestation de mardi est la plus récente expression de la grogne populaire suscitée par la présence de ces groupes armés, dans la foulée de violences qui ont fait une cinquantaine de morts depuis vendredi.

Le chef de la police de Tripoli, Mohammed Sweisi, a indiqué que le bilan de la fusillade qui a éclaté vendredi devant le quartier-général d'une milice originaire de la ville de Misrata s'établit maintenant à 47 morts et 516 blessés. Puis, samedi, une autre milice a tenté de prendre le contrôle d'une base militaire, provoquant des affrontements qui ont fait quatre morts.

Pendant ce temps, le parlement intérimaire du pays a questionné le premier ministre Ali Zidan concernant la violence et a demandé au gouvernement d'agir contre les milices.

L'armée libyenne a investi les rues de Tripoli lundi, à bord de dizaines de camions munis de canons antiaériens pour tenter de chasser les miliciens de la capitale. Il s'agissait de la première démonstration de force du gouvernement dans la capitale depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Les soldats ont été accueillis avec enthousiasme par la population.

Les milices libyennes sont issues de la rébellion qui a mené à la chute du régime Kadhafi. Elles ont refusé de déposer les armes après son départ et la police et l'armée sont trop faibles pour les désarmer par la force.

Ces groupes lourdement armés, dont certains sont composés de militants islamistes, échappent au contrôle du gouvernement central. Ils se sont taillés des petits royaumes où ils imposent leur loi.

Un porte-parole gouvernemental a indiqué que des milices issues de Misrata, dans l'ouest du pays, se sont retirées de quatre secteurs de la capitale face au déploiement de l'armée et qu'elles sont rentrées chez elles. D'autres milices se seraient retirées après des affrontements avec des groupes armés locaux.

La chaîne de télévision privée al-Nabaa affirme que M. Zidan s'est rendu à Misrata lundi pour des entretiens avec des dirigeants municipaux et des commandants des milices. Il pourrait avoir été contraint de quitter la rencontre quand des miliciens en colère se sont rassemblés à l'extérieur.

Un important leader des milices, Adel al-Tarhouni, a déclaré à l'Associated Press que des loyalistes de l'ère Kadhafi tentent de prendre le contrôle de la capitale et que les prochains jours seront «déterminants». Son groupe est affilié, de loin, au ministère de la Défense.

«Ces soldats qui ont été déployés sont les brigades de Kadhafi mais sous le drapeau de l'indépendance», a-t-il dit par téléphone.

Il reproche à un bloc parlementaire dirigé par l'ancien premier ministre Mahmoud Jibril d'avoir envoyé les soldats prendre le contrôle de Tripoli.