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19/11/2013 05:23 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

La croissance canadienne devrait se renforcer en 2014 et 2015, affirme l'OCDE

OTTAWA - La Banque du Canada pourrait devoir commencer à augmenter son taux directeur au cours de l'année à venir pour le faire progressivement passer à 2,25 pour cent d'ici à la fin de 2015, a affirmé mardi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La banque centrale a maintenu son taux à un pour cent depuis septembre 2010, ce qui a donné lieu à l'un des environnements d'emprunt les plus stables et favorables en plusieurs décennies.

Cependant, alors que les économies canadienne et mondiale s'apprêtent à retourner à une croissance plus stable et prévisible, cette période tire à sa fin, a indiqué l'OCDE dans un rapport rendu public mardi.

La banque centrale canadienne a déjà indiqué qu'en raison de la faiblesse de l'économie et d'une inflation inférieure à la cible visée, elle n'entendait pas accroître les taux d'intérêt pendant encore une période prolongée, a rappelé l''organisation, qui a son siège à Paris.

«Cependant, avec la diminution des capacités disponibles d'ici la fin de 2015, il faudra peut-être commencer à resserrer l'action monétaire d'ici la fin de 2015», a écrit l'OCDE.

Une telle augmentation entraînerait probablement une hausse correspondante des taux variables pour les Canadiens ainsi que des taux hypothécaires fixes plus élevés, affirment des analystes.

Néanmoins, certains économistes croient que la Banque du Canada ne bougera pas d'ici au premier trimestre de 2015, et peut-être même plus tard.

Dans ses perspectives économiques rendues publiques mardi, l'OCDE affirme que la croissance va sans doute se renforcer au Canada pour retourner à 2,3 pour cent en 2014 et 2,6 pour cent l'année suivante, à la suite de deux ans d'une croissance de 1,7 pour cent.

«La pause de la reprise économique depuis le début de 2012 s'est poursuivie cette année», a observé l'organisme.

«(Mais) la reprise des marchés de l'exportation et les signes que les firmes canadiennes croissent dans les marchés émergents dont la croissance est la plus rapide, et qu'elles investissent davantage dans l'innovation, la mise en marché et les améliorations de l'efficience, devraient donner du souffle à la croissance des exportations», a-t-il ajouté.

L'OCDE affirme par ailleurs que l'économie mondiale devrait croître à un rythme modéré au cours des deux prochaines années.

L'organisme prévient toutefois que l'instabilité des marchés de capitaux et la fragilité de certaines grandes économies peuvent faire dérailler la croissance.

Dans les 34 pays membres de l'OCDE, la croissance du produit intérieur brut devrait s'accélérer, passant de 1,2 pour cent cette année à 2,3 pour cent en 2014 et 2,7 pour cent l'année suivante. L'économie mondiale, pour sa part, devrait enregistrer une croissance de 2,7 pour cent cette année, avant de monter à 3,6 pour cent en 2014 et 3,9 pour cent en 2015.

Le rythme de la reprise mondiale a faibli depuis six mois à cause de la dégradation des perspectives des économies émergentes. La croissance a commencé à se redresser en Chine, mais elle restera plus faible que prévu dans la plupart des autres économies de marché émergentes.

L'OCDE craint un nouvel affrontement politique sur les questions budgétaires aux États-Unis et un ralentissement des achats d'actifs par la Réserve fédérale américaine.

Aux États-Unis, la croissance devrait atteindre 2,9 pour cent en 2014 et 3,4 pour cent en 2015.

La zone euro devrait quant à elle amorcer une reprise progressive avec une croissance d'un pour cent l'an prochain et de 1,6 pour cent en 2015.