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19/11/2013 05:39 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

Des explosions qui ont fait 23 morts à Beyrouth ont été revendiquées

BEYROUTH - Au moins 23 personnes ont perdu la vie mardi, quand deux kamikazes se sont donnés la mort près de l'ambassade iranienne de Beyrouth, au Liban.

L'attentat s'est produit dans un quartier principalement chiite de la capitale libanaise. L'attaché culturel iranien compte parmi les victimes de cette attaque, qui a apparemment été provoquée par l'appui du groupe libanais Hezbollah au régime syrien de Bachar el-Assad.

L'attentat a été revendiqué par un groupe sunnite extrémiste associé à Al-Qaïda. Le groupe a prévenu que d'autres attaques suivront si le Hezbollah chiite, qui est appuyé par l'Iran, ne retire pas de Syrie les combattants qui contribuent aux victoires des forces gouvernementales.

Les explosions se sont produites en milieu de matinée dans le quartier huppé de Janah, une place-forte du Hezbollah. Plus de 140 personnes ont aussi été blessées et les dégâts matériels sont importants.

Un responsable libanais de la sécurité a indiqué que le premier kamikaze conduisait une moto chargée de deux kilos d'explosifs. Il s'est donné la mort près de l'entrée principale de la mission iranienne, endommageant l'édifice de trois étages.

Moins de deux minutes plus tard, un autre kamikaze à bord d'une voiture piégée de 50 kilos d'explosifs a frappé dix mètres plus loin.

Cette attaque compte parmi les plus meurtrières perpétrées au cours des derniers mois contre des places-fortes libanaises du Hezbollah, dans le cadre d'une campagne organisée par des extrémistes sunnites pour punir sa participation au conflit syrien.

Un groupe libanais affilié à Al-Qaïda, les Brigades Abdullah Azzam, a revendiqué l'attentat de mardi, prévenant qu'il continuera à frapper tant que le Hezbollah n'aura pas retiré ses forces de Syrie.

L'authenticité de la revendication n'a pas pu être vérifiée de façon indépendante, mais elle a été placée sur un site Internet militant et communiquée par le biais du compte Twitter de Sirajuddin Zurayqat, un porte-parole du groupe.

Les Brigades Abdullah Azzam sont actives dans le sud du Liban et ont déjà revendiqué des attaques à la roquette lancées contre le nord d'Israël. Le groupe a aussi revendiqué des attaques perpétrées en 2005 et 2010, dont une qui a raté de peu un navire amphibie militaire américain.

Sur les lieux de l'attentat de mardi, des mares de sang jonchaient le sol à travers du verre brisé et des voitures qui brûlaient. Des vidéos de l'Associated Press montrent des pompiers combattant les flammes et des corps recouverts de draps. Une moto calcinée se trouvait devant l'entrée de l'ambassade iranienne.

L'ambassadeur iranien Ghazanfar Roknabadi a révélé que le diplomate tué est Sheik Ibrahim Ansari, qui était arrivé au Liban il y a seulement un mois pour superviser toutes les activités culturelles régionales. Le directeur de la sécurité de l'ambassade, le Libanais Radwan Feres, a aussi été tué.

«Nous disons aux responsables de l'attaque, vous ne réussirez pas à nous briser, a dit un parlementaire du Hezbollah, Ali Mikdad. Nous avons reçu le message et nous savons qui l'a envoyé, et nous savons comment répliquer.»

Le 15 août, l'explosion d'une voiture piégée dans une place-forte du Hezbollah avait fait 27 morts et plus de 300 blessés dans une banlieue de Beyrouth. Une autre voiture piégée, moins puissante, avait blessé plus de 50 personnes dans le même secteur le 9 juillet.