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18/11/2013 11:10 EST | Actualisé 18/01/2014 05:12 EST

Préoccupé, le Conseil de l'industrie forestière veut de l'action de Québec

MONTRÉAL - Sans réclamer une refonte du nouveau régime forestier québécois, en vigueur depuis le 1er avril dernier, le secteur forestier demande un coup de pouce au gouvernement Marois afin de devenir plus concurrentiel.

À quelques jours du Rendez-vous de la forêt québécoise, le Conseil de l'industrie forestière (CIFQ) a interpellé Québec, lundi, se disant inquiet pour l'avenir des quelque 61 500 travailleurs de ce secteur.

En compagnie de six hauts dirigeants des plus grandes compagnies forestières, le président-directeur général du Conseil, André Tremblay, a rappelé que le Québec était l'endroit en Amérique du Nord où le coût de la fibre était le plus élevé.

Les acteurs de l'industrie ont fait valoir que depuis le 1er avril dernier, le régime forestier avait fait grimper les coûts de 20 pour cent. Au total, ils estiment que la hausse est de de 25 pour cent depuis deux ans.

Selon eux, la possibilité forestière, soit le territoire où il est possible d'exploiter la forêt, a reculé de 40 pour cent au Québec au cours des dernières années, ce qui a contribué à la création d'un environnement concurrentiel négatif.

Le CIFQ demande ainsi au gouvernement Marois de poser des gestes concrets. «Nous n'avons pas parlé de réduction de prix, s'est défendu M. Tremblay. Il y a des mesures qui ne vont rien coûter au gouvernement.»

Deuxième plus grand consommateur d'électricité au Québec, avec une facture annuelle de plus de 500 millions $, le secteur forestier devrait notamment être en mesure de profiter des importants surplus d'Hydro-Québec en bénéficiant de tarifs préférentiels, selon le Conseil.

M. Tremblay estime que cette situation pourrait notamment stimuler les investissements dans le secteur forestier en plus de le rendre plus concurrentiel.

«Nous avons parlé de hausser les charges de transport (pour les camions) en période hivernale, a ajouté le pdg du Conseil. Cela permettrait à l'industrie de rationaliser ses coûts de transport.

«Ça se fait dans quatre provinces actuellement au Canada, a-t-il ajouté. On parle d'un coût nul. Il s'agit simplement de réaliser que ce qui se fait ailleurs pourrait se faire au Québec.»

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, qui se trouvait également à Montréal dans le cadre d'un autre événement, a été prudent dans ses commentaires sur cette demande du CIFQ.

«Nous avons identifié des secteurs qui pourraient profiter de l'offre tarifaire que nous sommes en train de concocter», a-t-il indiqué.

«Ce sont les secteurs des transformations et des ressources naturelles, de l'hébergement des données ou de l'électrification des transports», a ajouté M. Marceau, sans en dire davantage.

Le pdg du Conseil a également rappelé que plus la capacité de production de l'industrie forestière sera élevée, plus elle devra payer des redevances. «Nous allons être heureux de le faire», a-t-il dit.

Selon lui, le secteur forestier a payé pour environ 8 milliards $ en redevances en 2008. Ce montant devrait reculer à environ 5 milliards $ cette année.

Le CIFQ a également précisé que l'objectif de l'industrie n'était pas de récupérer le 40 pour cent de possibilité forestière perdu au cours des années.

«La possibilité forestière au Québec est d'environ un mètre cube à l'hectare, a dit M. Tremblay. Est-ce qu'on pourrait penser à augmenter le rendement de certains territoires à 1,2, 1,3 ou même 1,4 mètre cube à l'hectare?»

Présent à la conférence de presse, le président et chef de la direction de Tembec, James Lopez, ne s'est pas gêné pour livrer un sombre pronostic pour l'industrie forestière dans un contexte de hausse des coûts.

«Comment une industrie peut-elle survivre dans cet environnement?» a-t-il demandé.

M. Lopez a rappelé que Tembec a récemment investi 250 millions $ dans ses installations de Témiscaming, en Abitibi-Témiscamingue.

«Nous avons investi de bonne foi en faisant confiance au gouvernement du Québec, qui nous disait qu'en cinq ans, nous deviendrons un des endroits concurrentiels, a-t-il affirmé. Maintenant, je suis inquiet.»

Le CIFQ a obtenu le soutien du Conseil du patronat du Québec, de la Fédération des chambres de commerce du Québec, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et de Manufacturiers et exportateurs du Québec dans ses requêtes à l'endroit du gouvernement Marois.

La Fédération québécoise des municipalités, le Réseau des conférences régionales des élus ainsi que Solidarité rurale du Québec ont également dit appuyer le Conseil dans ses revendications.