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18/11/2013 01:04 EST | Actualisé 18/01/2014 05:12 EST

Des manifestations anti-Martelly ont tourné à la violence à Haïti

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Des milliers de détracteurs du président haïtien Michel Martelly ont organisé des marches de protestation qui ont tourné à la violence, lundi, des gens lançant des roches et d'autres tirant des coups de feu dans les airs.

Il appert qu'au moins une personne aurait été atteinte par des projectiles. Un journaliste de l'Associated Press a entendu plusieurs coups de feu, puis des gens massés dans une foule ont placé un homme sur une motocyclette afin qu'il soit conduit vers un hôpital. Selon le chauffeur de l'ambulance, l'homme a été atteint dans le dos. Son état de santé n'a pas été précisé.

Ces marches se classent parmi les plus importantes manifestations organisées depuis que M. Martelly a accédé au pouvoir, en 2011, la foule dans la capitale gonflant au fur et à mesure que le rassemblement avançait. Les manifestants ont notamment dénoncé le coût de la vie et accusé le gouvernement de corruption à haute échelle.

Lundi, des manifestants ont érigé des barricades de pneus enflammés le long d'une des artères les plus achalandées de la ville. Ils ont aussi fait brûler des affiches à l'effigie du président.

Des groupes pro-Martelly ont également tenu des rassemblements, et les deux clans se sont tour à tour lancé des roches, tandis que des policiers anti-émeute tiraient des gaz lacrymogène en direction des manifestants.

La marche a débuté au centre-ville de Port-au-Prince lundi matin, un jour férié en Haïti. Des démonstrations devaient se dérouler aussi dans les villes de Cap-Haïtien et de Les Cayes.

«Nous tentons de le retirer du pouvoir et nous n'arrêterons pas tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas quitté», a déclaré Jean Daniel, l'un des manifestants.

M. Martelly, le premier ministre Laurent Lamothe et la Première Dame ont assisté à une cérémonie religieuse à Cap-Haïtien. Dans un discours prononcé sur un site historique où aurait été tenue la dernière bataille avant que Haïti n'obtienne son indépendance de la France, en 1804, M. Martelly a lancé un appel à l'unité.

La force onusienne de maintient de la paix en Haïti a demandé à M. Martelly et à ses opposants, samedi, de régler leurs différends de manière pacifique. L'organisation avait envoyé des soldats armés pour surveiller la manifestation.

Les tensions grandissantes entre M. Martelly et ses opposants viennent en partie de l'échec du gouvernement à tenir des élections législatives et locales qui auraient dû avoir lieu il y a deux ans. Les Nations unies, les États-Unis et d'autres pays ont pressé les responsables haïtiens d'organiser un scrutin avant la fin de l'année, mais tout indique qu'il n'aura lieu que l'an prochain.