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17/11/2013 02:12 EST | Actualisé 16/01/2014 05:12 EST

Les Maldives vers la stabilité politique?

Abdulla Yameen a remporté, samedi, le second tour de l'élection présidentielle aux Maldives en battant de peu le favori, Mohamed Nasheed.

Cette victoire, avec 51,6 % des suffrages selon des résultats provisoires, constitue un succès pour la vieille garde politique qui s'est rassemblée derrière Abdulla Yameen, demi-frère de Maumoon Abdul Gayoom.

Ce dernier a dirigé les Maldives pendant 30 ans, et ses opposants et les organisations de défense des droits de l'homme le qualifient de dictateur.

Cette élection présidentielle doit permettre de clore deux années de troubles politiques dans l'archipel de l'océan Indien.

Mohamed Nasheed, arrivé en tête du premier tour avec 47 % des voix la semaine dernière, avait dû abandonner la présidence en 2012, après avoir été victime de ce qu'il a qualifié de coup d'État.

Il était devenu, en 2008, le premier président démocratiquement élu de cet archipel de 350 000 habitants.

Le mandat du président sortant, Mohamed Waheed, s'est achevé lundi dernier.

Les troubles politiques émaillés de manifestations parfois violentes dans les rues de Male, la capitale, ont nui au tourisme, source cruciale de devises étrangères de l'archipel, incapable d'importer la totalité de sa demande de carburants.

Il n'est toutefois pas certain que l'élection ramènera de la stabilité.

L'islamisme progresse

La campagne électorale, dure, a tourné autour du rôle à venir de la religion dans un pays majoritairement musulman où l'islamisme est en progrès.

Lors de son ultime discours de campagne, jeudi, Mohamed Nasheed a reproché à ses rivaux d'instrumentaliser l'islam en l'accusant d'être à la tête d'un parti trop laïque et trop proche de l'Occident.

Gasim Ibrahim, un magnat du tourisme éliminé au premier tour et qui soutenait Yameen au second, a estimé que ce résultat signifiait un renforcement du rôle de l'islam dans le pays.

« Nous vous [Yameen] avons rejoint pour sauver ce pays, pour maintenir l'islam dans le pays et je remercie Allah de ce succès », a-t-il ajouté.

« C'est la fin de la démocratie aux Maldives. Cette situation est due au conservatisme religieux instillé par Gayoom », a estimé sur son blogue Hilath Rasheed, un défenseur des droits de l'homme.

Ce dernier vit en exil après avoir été poignardé par un islamiste l'an dernier.

Reuters