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17/11/2013 03:32 EST | Actualisé 16/01/2014 05:12 EST

Chili : Bachelet affrontera Matthei au second tour

Michelle Bachelet a largement remporté, dimanche, le premier tour de l'élection présidentielle au Chili, mais devra passer par un second tour, le 15 décembre, pour retrouver La Moneda, le siège de la présidence chilienne qu'elle a déjà occupé entre 2006 et 2010.

La candidate sociale-démocrate est créditée de 46,74 % des voix. Evelyn Matthei, candidate de la coalition de droite sortante Alianza, est arrivée en deuxième position avec un score de 25,02 % d'après les résultats quasi définitifs de la commission électorale portant sur 95 % des bulletins de vote.

Le second tour devrait être une formalité pour la candidate de Nueva Mayoria (Nouvelle majorité), une coalition allant des communistes aux chrétiens démocrates.

« Nous avons gagné ce soir et nous allons travailler pour obtenir une victoire décisive et écrasante en décembre », a-t-elle ajouté.

Les Chiliens étaient appelés, ce même jour, à renouveler les 120 sièges de la Chambre des députés et 20 des 38 sièges du Sénat. D'après des résultats encore provisoires, la gauche s'oriente vers une majorité simple dans les deux chambres.

Réforme fiscale et gratuité scolaire

À 62 ans, Michelle Bachelet, médecin de formation, était la grande favorite du scrutin, certains instituts de sondage la pensaient même en mesure d'être élue dès le premier tour, ce qui aurait été une première depuis l'élection du chrétien-démocrate Eduardo Frei, en 1993.

Mais la présence, outre Matthei, de sept autres candidats, qui ont attiré au total 28 % des suffrages sur leur nom, a produit un émiettement des voix et il lui faudra patienter encore un peu.

Pour le politologue et essayiste Peter Siavelis, l'issue de ce premier tour est une « grande déception » pour Michelle Bachelet, qui espérait l'emporter dès dimanche pour entamer son mandat, en mars prochain, avec une très forte légitimité, et lancer les 50 réformes qu'elle a promises pour les 100 premiers jours de sa présidence.

« Même si Bachelet est victorieuse ce soir, elle n'est pas dans une position enviable », ajoute-t-il.

Interdite par la Constitution de briguer un second mandat consécutif en 2010, elle est revenue à la vie politique chilienne après avoir dirigé ONU-Femmes, l'organisme des Nations unies pour l'égalité des sexes.

Majorité simple au congrès

Au cours de sa campagne, elle a promis de réduire les inégalités : elle s'est notamment engagée à réformer le système éducatif en y instaurant davantage de gratuité financée par un relèvement de l'impôt sur les sociétés (qu'elle porterait de 20 à 25 %) et la suppression de dispositifs d'optimisation fiscale.

Le Chili, premier producteur mondial de cuivre dont l'économie croît à un rythme annuel supérieur à 5 %, a connu un développement spectaculaire depuis 20 ans, qui a permis des avancées considérables sur la voie d'une éradication de l'extrême pauvreté. Mais les inégalités de revenus demeurent. Elles furent au cœur du mouvement de contestation étudiante de 2011.

Michelle Bachelet a également annoncé sa volonté de réformer la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), et de dépénaliser l'avortement en cas de viol ou de danger pour la santé de la mère ou de l'enfant à naître.

La mise en œuvre de ces projets dépendra en grande partie du rapport des forces au Congrès. Si la majorité simple suffit à modifier la fiscalité, une majorité qualifiée est en revanche requise pour réformer l'éducation (quatre voix sur sept) ou la loi électorale (trois voix sur cinq).

D'après des résultats encore provisoires, la coalition Nueva Mayoria l'emporterait avec une majorité simple de 67 députés (sur 120) et de 21 sénateurs (sur 38).

Reuters