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16/11/2013 10:41 EST | Actualisé 16/01/2014 05:12 EST

Charte de la laïcité: François Legault a hâte que le débat prenne fin

QUÉBEC - Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, croit que les gens en ont assez d'entendre parler de la charte de la laïcité, et sont davantage préoccupés par leur porte-monnaie.

Samedi, en marge du conseil général spécial de son parti, il a dit en point de presse que le temps était venu de vider la question et de passer à autre chose.

«Sincèrement, dans les autobus, ça ne se bat pas pour parler du tchador et de la charte», selon lui.

En attendant, il a quand même précisé certaines de ses positions sur le sujet.

À propos de la possibilité qu'une femme portant le tchador puisse se porter candidate de la CAQ, M. Legault a réaffirmé qu'il faudrait d'abord pour cela qu'elle partage les valeurs d'égalité hommes-femmes du parti, ce qui serait hautement improbable, «de la science-fiction» selon lui.

M. Legault accepte le principe d'établir une hiérarchie dans les droits, en accordant préséance à l'égalité entre hommes et femmes sur la liberté religieuse.

La CAQ propose de limiter l'interdiction du port des signes religieux aux enseignants et aux directeurs des écoles publiques primaires et secondaires — en plus des employés de l'État investis d'un pouvoir coercitif (policiers, juges, gardiens de prison, procureurs de la Couronne).

Selon M. Legault, la majorité des membres sont à l'aise avec la position du parti sur la laïcité, même s'ils ne se sont jamais prononcés sur la question.

Dans les corridors du Centre des congrès de Québec, les militants rencontrés au hasard étaient partagés, les uns partageant la position du parti, les autres se disant plus proches de celle du gouvernement, favorable à l'interdiction totale des signes religieux pour les employés de l'État.

M. Legault a répété que la position du parti en était une de compromis, et qu'il espérait un signe d'ouverture du gouvernement quant à de possibles amendements au projet de loi 60 sur la neutralité religieuse de l'État. «Le tango, ça se danse à deux», a-t-il illustré.

Réunie en conseil général spécial, la CAQ cherche à gagner le coeur et le vote des jeunes couples avec enfants de la classe moyenne, en lui promettant des baisses de taxes.

Il y avait deux grands absents au rendez-vous caquiste de samedi: le député de Saint-Jérôme, Jacques Duchesneau, le candidat-vedette de la campagne de 2012, qui ne s'est pas engagé à porter de nouveau les couleurs de la CAQ aux prochaines élections. Il a justifié son absence par des obligations familiales. L'autre était le député de La Peltrie, Éric Caire, parti à l'extérieur du pays.

Quelque 300 militants ont participé à l'événement.