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15/11/2013 01:28 EST | Actualisé 15/01/2014 05:12 EST

Des miliciens libyens ouvrent le feu sur des manifestants: au moins 31 morts

TRIPOLI, Libye - Des miliciens libyens ont ouvert le feu, vendredi, sur des manifestants pacifiques qui réclamaient le démantèlement des groupes armés dans la capitale, faisant au moins 31 morts et 200 blessés. Ils ont tiré sur la foule avec des mitrailleuses lourdes et des grenades propulsées par des fusées.

Des témoins ont indiqué que des manifestants étaient repartis chez eux pour récupérer des armes avec l'intention de revenir sur les lieux du rassemblement, laissant entendre que le bain de sang pourrait se poursuivre. Des tirs intenses résonnaient vendredi soir dans le quartier de Tripoli où l'attaque s'est produite.

La manifestation à Tripoli, à laquelle des milliers de personnes ont participé, était la plus importante démonstration de colère populaire contre les milices au cours des derniers mois. Depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, des centaines de milices, dont plusieurs sont payées par le gouvernement, font la loi en Libye, établissant leurs zones de contrôle, défiant l'autorité de l'État et lançant de violentes attaques.

Les manifestants ont marché d'une mosquée du centre-ville jusqu'au quartier général d'une milice originaire de la ville de Misrata très présente dans la capitale libyenne. Ils portaient des drapeaux libyens et scandaient «Nous voulons une armée, nous voulons une police», signifiant leur volonté de voir les forces de sécurité officielles prendre la place des milices pour assurer la sécurité.

Quand ils se sont approchés de l'édifice, des miliciens en tenue civile et en uniformes militaires sont sortis et ont aussitôt ouvert le feu avec des armes automatiques, des grenades et des canons antiaériens. Des images de l'incident diffusées par la chaîne de télévision privée Al-Nabaa montraient les manifestants s'enfuir en transportant certains de leurs camarades couverts de sang.

La télévision publique libyenne a annoncé qu'au moins 31 personnes avaient été tuées et que 235 autres avaient été blessées.

Des témoins ont assuré que les manifestants n'étaient pas armés. Mais le premier ministre libyen, Ali Zidan, a déclaré que les manifestants étaient aussi coupables que les miliciens dans cette affaire, soutenant que certains protestataires portaient des armes. Il a ajouté que son gouvernement avait autorisé la manifestation devant la mosquée, mais que les manifestants avaient préféré se rendre au quartier général de la milice.