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14/11/2013 05:42 EST | Actualisé 14/01/2014 05:12 EST

John F. Kennedy : l'homme qui a marqué son époque

On se souvient tous - pour ceux qui ont l'âge de s'en souvenir - de l'endroit où l'on était lorsque le président John F. Kennedy a été assassiné, le 22 novembre 1963. Des images-chocs répétées en boucle, la première tragédie télévisuelle vécue en direct.

Un reportage de Danny Braun à Désautels le dimanche

Retourner sur les lieux de son assassinat illustre l'importance qu'il occupe aujourd'hui encore dans l'Histoire américaine. Une visite que j'ai faite en compagnie de Halley Moore et Jil Cox, deux jeunes femmes originaires de Dallas. Écoutez le reportage :

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Un président devenu icône

Au-delà du mythe, John F. Kennedy était-il ce grand président visionnaire que certains se plaisent à imaginer? Difficile de départager ce qui lui appartient de ce qu'il doit à son époque. Parce que Kennedy était avant tout un politicien, un pragmatique. Certes très habile, télégénique, avec un sourire éclatant, une épouse et des enfants magnifiques, mais d'abord un politicien. Brillant conciliateur et prêt à tout pour garder le pouvoir. Et plutôt conservateur, si on l'analyse avec le regard d'aujourd'hui.

C'est peut-être ce qui frappe le plus lorsqu'on s'attarde à la place qu'occupe JFK dans l'Histoire. Si ce n'avait été de sa fin tragique qui a cristallisé le personnage et créé une véritable icône, intouchable pendant de nombreuses années, peut-être serait-il un peu moins présent dans le cœur des Américains. Surtout ceux qui ont vécu cette période trouble.

Ce qui m'a amené à poser la question du legs de Kennedy. À Boston où il est né, à Hyannis où il passait ses vacances en famille et à Dallas où il a connu une fin tragique.

Calculs politiques et droits des Noirs

Que reste-t-il de sa vision, de ses politiques, de sa présidence dans la société américaine d'aujourd'hui? Pas grand-chose comme plusieurs sont prêts à l'avancer.

Les droits civiques des Noirs? Oui par la force des choses. En réalité, ce n'était pas sa priorité. Kennedy s'était notamment opposé à la marche de Martin Luther King vers Washington où, devant des centaines de milliers de personnes, il a prononcé son célèbre discours I Have a Dream. Kennedy n'était pas contre l'émancipation des Noirs pour des raisons idéologiques, mais pour des raisons politiques. Comment céder sur un sujet aussi sensible sans perdre l'appui de l'électorat des États ségrégationnistes du Sud, dont le très riche Texas sans lequel Kennedy n'aurait pu être réélu?

C'est d'ailleurs ce qui l'a conduit à Dallas ce 22 novembre 1963, alors qu'il effectuait une tournée pour rassurer et surtout gagner l'appui des démocrates du Texas. Cet État passé dans le giron républicain depuis Reagan, dont Kennedy connaissait l'importance au point de nommer à la vice-présidence Lyndon Johnson, un Texan. Celui-là même qui deviendra, quelques heures après son assassinat, le nouveau président des États-Unis.

La Lune et les Soviétiques

Certains citent le programme spatial comme le grand legs de la présidence Kennedy. Sans sa vision - qui a coûté des milliards de dollars -, Neil Armstrong n'aurait jamais été le premier homme à poser le pied sur la Lune. Même si le projet ne faisait pas l'unanimité chez les scientifiques et ses conseillers, Kennedy voulait que les États-Unis soient les premiers, devant les Soviétiques.

Le principal legs qui fait l'unanimité à propos de JFK est qu'il a su éviter les conflits armés. Il a sauvé l'Amérique et le monde entier d'une guerre potentiellement catastrophique avec les Soviétiques. Grâce aux jeux de coulisses et aux négociations secrètes tenues par son frère Robert avec les Russes. À l'insu de ses conseillers militaires, nommés par son prédécesseur Eisenhower, qui le pressaient de répondre par les bombes lors de la crise des missiles avec Cuba.

Il faut dire qu'en 1960, Kennedy, jeune président inexpérimenté s'était laissé entraîner par ces mêmes conseillers dans l'opération d'invasion ratée de la baie des Cochons, à Cuba, pour renverser Fidel Castro. Une bavure qui lui a sans doute servi de leçon.

Cinquante ans plus tard, il reste encore beaucoup d'Américains pour livrer un vibrant hommage à ce grand homme d'État, à cette image lyrique comparée à Camelot et les chevaliers de la table ronde, créée par son épouse Jacqueline. Par contre, la plupart sont des têtes blanches.

Sujet sacré ou sacré sujet que les historiens commencent à peine à redécouvrir grâce aux archives sonores dont les dernières ont été rendues publiques l'an dernier seulement, John F. Kennedy nous réserve encore quelques surprises. Il en ressortira peut-être l'image d'un président non pas moins bon que l'Histoire a édifié, mais certainement plus humain et plus proche de la vérité.

En vue de l'émission de cette semaine à Désautels le dimanche, à 10 h, nous vous posons la question : que reste-t-il de l'Amérique de John F. Kennedy? Dites-le-nous dans les commentaires ci-dessous.