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13/11/2013 04:43 EST | Actualisé 12/01/2014 05:12 EST

Parlement européen: les sceptiques Marine Le Pen et Geert Wilders s'unissent

THE HAGUE, Netherlands - Deux opposants biens connus de l'union des pays d'Europe, la Française Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders, ont conclu mercredi une alliance dans le but de faire front commun au Parlement européen l'an prochain, afin de «libérer l'Europe du monstre de Bruxelles».

La chef du Front national (FN) et le leader du Parti pour la Liberté (PVV) ont annoncé leur alliance. Le FN est un parti d'extrême-droite, tandis que le PVV adopte des positions anti-Europe et anti-Islam.

«Le temps de la division des mouvements patriotiques est révolu», a dit Mme Le Pen, qui a estimé qu'il s'agit d'une «journée historique».

Leur alliance est annoncée au moment où l'Union européenne bat de l'aile, le continent ayant beaucoup de mal à se relever d'une grave crise financière qui a plombé les économies de plusieurs de ses pays.

L'annonce de Mme Le Pen et de M. Wilders ne représente toutefois pas une alliance des eurosceptiques de tout le continent.

«Il y a d'autres formations au sein de l'Union européenne ou de l'Europe avec qui nous aimerions collaborer», a admis M. Wilders. Il a ensuite reconnu qu'un parti bien en vue, le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) de Nigel Farage, n'est pas encore prêt à s'unir à eux.

M. Wilders a dit espérer que l'UKIP rejoindra leur alliance après les élections européennes de mai prochain.

La crise économique qui frappe l'Union européenne a alimenté l'euroscepticisme d'électeurs qui commencent à se demander si la grande idée d'un continent unique, d'un marché unique et d'une monnaie unique est vraiment en mesure d'assurer la prospérité de tous. Plusieurs grincent aussi des dents face au transfert de plus en plus de pouvoirs aux bureaucrates de Bruxelles.

Le parti de M. Wilders prône depuis longtemps le retrait des Pays-Bas de l'Union européenne. Mme Le Pen estime que la France devrait organiser un référendum sur la question.

Côte à côte lors d'une conférence de presse bondée mercredi, les leaders ont reconnu ne pas s'entendre sur tout. M. Wilders a hésité, dans le passé, à s'associer au Front national en raison des commentaires controversés de son fondateur Jean-Marie Le Pen, le père de la chef actuelle.

Marine Le Pen a cherché à adoucir l'image du parti en redirigeant sa colère vers ce qu'elle appelle «l'islamisation» de la France.

Cela rapproche le FN du PVV, qui est pro-Israël et ardemment anti-UE et anti-Islam. M. Wilders a demandé un gel de la construction de mosquées aux Pays-Bas et une interdiction du Coran.

Une trentaine de manifestants sur qui veillaient des dizaines de policiers ont organisé une démonstration bruyante pour dénoncer la visite de Mme Le Pen, sur une place publique devant le parlement néerlandais.

Un politologue irlandais, Tony Brown, s'est demandé si des groupes aussi farouchement nationalistes seront capables de collaborer efficacement, avant d'admettre qu'ils pourront représenter une nouvelle voix au Parlement européen.

Le PVV contrôle quatre sièges au Parlement européen contre trois pour le FN. Même en supposant des gains par les partis eurosceptiques en mai, ils demeureront largement minoritaires faces aux Démocrates chrétiens, qui détiennent 275 sièges, et à l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates, qui en détient 194.