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13/11/2013 06:27 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

Isabelle Gaston replonge dans son passé douloureux

La nouvelle de la tenue d'un deuxième procès pour Guy Turcotte laisse un sentiment mitigé à son ancienne compagne, la mère des victimes, Isabelle Gaston. Le jugement de la Cour d'appel, qu'elle accueille avec un certain soulagement, ne saura « réparer le mal » qu'elle a subi au cours du premier procès.

« Ce sont des sensations mitigées. Je suis sous le choc, c'est une bonne nouvelle empreinte d'une mauvaise nouvelle, dans le sens que je sais [ce qu'elle implique] : nouveau procès, mettre en suspens encore ma vie. Mais je suis heureuse qu'on ait été entendus », a-t-elle confié à Radio-Canada.

Mercredi, la Cour d'appel du Québec a infirmé le verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux rendu en première instance en faveur de l'ex-cardiologue et ordonnait un nouveau procès.

Mme Gaston a l'intention d'y assister, mais elle se donne le droit de changer d'idée si elle n'en sent pas la force. Elle entend respecter la décision du futur jury. « Si le jury en arrive à la décision d'une non-responsabilité criminelle, je vais l'accepter, explique-t-elle. Mais, ce que je n'accepterai pas, c'est que ce que l'on présente - au niveau de la médecine et au niveau des expertises - déroge de ce qu'est la norme. »

Au-delà du système judiciaire, Mme Gaston souhaite que la notion médicale de non-responsabilité criminelle soit mieux définie. Elle estime que les experts médicaux cités dans les procès sont insuffisamment encadrés. « Ultimement, ce que je souhaite ce n'est pas tellement l'issue, mais que les faits soient présentés et qu'on laisse les gens décider », confie Mme Gaston.

La mère des petites victimes affirme qu'elle avait repris goût à la vie au cours du dernier mois. Elle avait repris le travail, espérait devenir enceinte et prévoyait effectuer un voyage en Afrique. La décision de la Cour d'appel chamboule son univers en la replongeant dans ses souvenirs. Elle a d'ailleurs dû prendre congé, jeudi, n'ayant pas la tête au travail.

Isabelle Gaston estime que le père de ses enfants « mérite de faire de la prison. Il mérite de perdre sa liberté ». Elle souhaite maintenant qu'il plaide coupable. « Pas pour moi ou pour la société, mais pour Olivier et Anne-Sophie », dit-elle.