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12/11/2013 03:13 EST | Actualisé 11/01/2014 05:12 EST

Une épouse, un chien et un gardien

Jon Cooper a connu du succès à chaque étape de sa carrière, de la USHL à la Ligue américaine, et maintenant avec le Lightning. Quelle peut donc être sa recette?

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

« Je dois garder ça pour un livre, au cas où ça ne fonctionne pas pour moi comme entraîneur! », a lancé l'entraîneur-chef, mardi matin.

« J'ai été assez chanceux pour être entouré de gens de qualité. Tu ne fais pas ça seul. Tu dois avoir une femme compréhensive, un chien loyal et tout un gardien de but! »

Virage à 180°

Plus sérieusement, le jeu défensif du Lightning (12-5-0), adversaire du Canadien (9-8-1) mardi soir, explique en grande partie les succès de la formation floridienne, 1re de l'Association de l'Est.

Voilà une équipe qui a participé aux séries une seule fois au cours des six dernières saisons, malgré un noyau intéressant d'attaquants. Dans cinq de ces six campagnes, elle a présenté une des cinq pires défenses de la ligue. Pour ce qui est des buts accordés, son classement se lit ainsi, de 2007-2008 à la saison dernière : 29e, 27e, 27e, 22e, 30e, 26e.

Or, cette saison, le Lightning pointe au 12e rang et accorde 2,47 buts par match, en baisse par rapport aux 3,06 de 2013.

« Regardez les Blues et les Kings : ils sont en bas de classement pour les buts marqués. Et les Kings ont participé à sept tours éliminatoires dans les huit dernières années. Pourquoi? Parce qu'ils n'accordent pas de buts. Si tu veux faire partie des candidats en avril, tu dois garder la rondelle hors du filet. La preuve était dans les chiffres, je n'avais qu'à les écrire au tableau. C'est facile à enseigner, les chiffres ne mentent pas. »

Habile communicateur, Cooper a utilisé une image pour vendre sa salade.

« Je dis toujours aux joueurs : je n'ai jamais vu une échappée se dessiner en zone offensive. Ça commence en zone défensive. L'aspect mental est de le faire comprendre aux gars. Quand tu as des chiffres pour t'appuyer, c'est plus facile. »

« La plus grande différence, c'est qu'on accorde beaucoup de moins de surnombres, ajoute le gardien Anders Lindback. On est plus compacts. On pense à la défense en premier, on ne triche plus. Ça nous a souri, car on continue à marquer autant. »

Parlant de gardien, Ben Bishop, acquis des Sénateurs d'Ottawa contre Cory Conacher la saison dernière, profite pleinement de sa chance. Ses 11 victoires représentent un sommet dans la LNH et sa moyenne de 2,12 est la 5e du circuit parmi les gardiens qui comptent au moins 10 départs.

Victime du système

Cette nouvelle mentalité n'est toutefois pas survenue sans conséquence fâcheuse. Quand Steven Stamkos s'est fracturé le tibia droit lundi, c'était justement en appliquant ce que l'entraîneur exige, soit un repli défensif rapide.

« C'est un peu ironique, souligne Cooper. Stammer, pendant une partie de sa carrière, patinait seulement dans une direction. Maintenant, il joue sur 200 pieds. Je suis peut-être partial, mais d'après la qualité de son travail dans les 16 premiers matchs, il était candidat au trophée Hart. »

Le Lightning a gagné bon nombre de ses victoires par la marque de 3-2 ou 4-2. L'idée sera désormais de viser des gains de 2-1 ou 3-1.