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12/11/2013 05:57 EST | Actualisé 12/01/2014 05:12 EST

Traversée de l'Atlantique Nord: Mylène Paquette fière d'être allée jusqu'au bout

MONTRÉAL - Mylène Paquette est arrivée en France avec diverses contusions, infections et autres bobos. Mais l'important, c'est qu'elle soit arrivée à bon port: en plein milieu de l'aventure, la navigatrice a bien failli abandonner son rêve de devenir la première Nord-Américaine à traverser l'Atlantique Nord à la rame.

Au 60e jour de sa traversée, après avoir affronté plusieurs dépressions atmosphériques successives, elle a même demandé au routeur météo de son équipe au sol, Michel Meulnet, de lui calculer un trajet pour se rendre à Saint-Jean (Terre-Neuve).

Mylène Paquette en avait marre de faire du surplace — sur 60 jours, elle n'avait ramé que 15 jours, et elle se trouvait encore en eaux canadiennes.

«Je me sentais presque (comme) une imposteure! Je me sentais mal de penser que les gens pensaient que je ramais. Je ne ramais pas, je subissais la météo», a-t-elle expliqué mardi lors d'une conférence téléphonique organisée pour les représentants des médias.

Son routeur l'a informée que les conditions météorologiques n'étaient guère mieux de l'autre côté et a fini par la convaincre qu'elle devait persévérer — heureusement, car au lendemain de cette remise en question, la rameuse a réalisé qu'elle voulait aller jusqu'au bout de son aventure.

«Le lendemain, je me suis dit: 'mais qu'est-ce que j'ai fait là'», a-t-elle laissé tomber dans un éclat de rire à l'autre bout du fil.

Il faut dire que les occasions de baisser les bras ont été nombreuses. Au cours de ce périple de 129 jours, la rameuse a goûté à la puissance de l'Atlantique Nord — son embarcation a d'ailleurs chaviré à quelques reprises.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la traversée a été plus longue que prévu. Elle devait s'échelonner sur une centaine de jours, mais Dame Nature en a décidé autrement.

«Mylène a rencontré pas moins de 30 dépressions sur sa route, affronté une dizaine de tempêtes majeures avec des vents de plus de 50 noeuds (plus de 90 km/h) et des vagues de 10 à 12 mètres», a relaté Michel Meulnet.

«Donc elle a signé là un véritable exploit», a ajouté le routeur météo.

La principale intéressée soutient qu'elle n'aurait jamais abandonné par fatigue d'avoir trop ramé. Seules des conditions météorologiques exécrables auraient pu l'amener à jeter l'éponge, a-t-elle soutenu.

«Je suis vraiment fière de ne pas avoir abandonné, a-t-elle exposé. Alors j'ai de la fierté et surtout de la satisfaction d'un accomplissement surhumain.»

L'aventure de Mylène Paquette a pris fin mardi matin à Lorient, en France.

Après avoir parcouru les quelque 2700 milles nautiques (5000 km) qui séparent Halifax de la ville bretonne, elle a été accueillie par famille et amis, qui l'attendaient avec du champagne.

«Vraiment, je pense que je peux dire que c'est la plus belle journée de ma vie jusqu'ici. Je suis vraiment heureuse d'avoir vu ma famille, mes amis, mes proches. Tout s'est passé super vite, mais j'ai eu le temps de saisir chaque moment», a-t-elle lancé.

La navigatrice âgée de 35 ans a éprouvé quelques difficultés à faire ses premiers pas sur la terre ferme. Elle les a cependant faits avec l'assistance de deux personnes à sa gauche et à sa droite, après que son père l'eut «soulevée de terre».

Mylène Paquette doit se présenter mercredi dans un centre hospitalier de la région afin de se soumettre à une batterie de tests. Elle a notamment subi un choc à la tête il y a deux semaines, donc un scan s'impose.

Mais en attendant, elle compte bien passer un peu de temps avec ses proches, se reposer, manger autre chose que de la nourriture déshydratée, des barres tendres et des fruits séchés... et prendre «une vraie douche».

L'exploit accompli par Mylène Paquette devrait normalement être homologué par la Ocean Rowing Society International.

Le fait que son embarcation ait été remorquée par le bateau de croisière Queen Mary 2 ne devrait pas entacher sa fiche. Le navire, qui se trouvait dans les parages, a ravitaillé la rameuse, qui avait perdu quelques provisions à la suite d'une tempête.

«Ma vie n'était pas en danger, ma traversée n'était pas compromise. Avant d'accepter cette assistance 'bonbon', on s'est vraiment assurés avec la Ocean Rowing Society qu'on pouvait se le permettre», a fait valoir Mme Paquette.

«Le remorquage a été effectué derrière la ligne d'arrivée, c'est-à-dire que Mylène a franchi la ligne, et donc nous étions là pour la récupérer derrière la ligne lorsque sa traversée a été validée», a complété son routeur météo.

La première ministre Pauline Marois a félicité la navigatrice par voie de communiqué, mardi.

«Cette jeune femme a su faire preuve d'un courage, d'une détermination et d'une endurance incroyables. Elle est un exemple pour tous car, lorsqu'on se fixe des objectifs et des défis, à force de persévérance, on peut les réaliser», a déclaré Mme Marois.