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12/11/2013 06:30 EST | Actualisé 12/01/2014 05:12 EST

Syrie: les enlèvements d'hommes d'affaires au Liban se multiplient

BEYROUTH - La prise d'otages d'hommes d'affaires prospères a explosé au Liban, une conséquence inattendue de la guerre civile qui déchire le pays voisin, la Syrie.

Selon les forces de l'ordre, les groupes armés qui faisaient autrefois de l'argent en assurant la contrebande de carburant et de cigarettes à la frontière entre le Liban et la Syrie ont vu leur commerce s'effriter en raison de la violence dans cette zone et ont depuis multiplié les kidnappings pour renflouer leurs caisses.

Les Forces de sécurité intérieures libanaises ont dénombré 73 enlèvements entre août 2011 et septembre 2013. Cinq ans plus tôt, on ne comptait que 14 rapts du genre.

Et alors que le conflit en Syrie — qui a éclaté en mars 2011 —, s'éternise, certains craignent que le problème ne s'aggrave et que les enlèvements soient aussi motivés par des tractations politiques.

Le Liban subit, à de nombreux égards, les retombées de la guerre en cours en Syrie. Environ 1 million de Syriens ont trouvé refuge dans le pays du cèdre, peuplé par 4,5 millions d'habitants. Les tensions entre les communautés chiite et sunnite ont bondi, se soldant parfois des affrontements meurtriers. De telles violences interconfessionnelles illustrent par ailleurs les crimes haineux en Syrie, alors que les sunnites y soutiennent la rébellion tandis que les chiites et les alaouites — une minorité dont est issue le président syrien Bachar el-Assad —, appuient le gouvernement.

Mardi, un cheikh sunnite a été abattu par des hommes armés à Tripoli. Cette ville du nord du Liban a été le théâtre de nombreuses violences entre les communautés sunnites et alaouites en lien avec la guerre syrienne.

Dans le même temps, en Syrie, les familles d'un quartier à majorité chrétienne de la capitale, Damas, pleuraient mardi les quatre enfants et le chauffeur d'autobus tués la veille par un tir de mortier contre leur école. Un cinquième enfant a succombé à ses blessures, mardi, portant le bilan des victimes à cinq enfants.

Ce raid ne constitue que la plus récente démonstration des représailles des rebelles contre la ville, à l'heure où les troupes gouvernementales progressent dans des quartiers précédemment détenus par la rébellion. Les combats de mardi se sont concentrés dans les environs de Hejeira, au sud de Damas, où les rebelles gardaient la main-mise depuis un an. Au cours des dernières semaines, les forces gouvernementales ont toutefois repris le contrôle de quatre bastions à proximité.

De tels tirs de mortier par les rebelles — qui tentent de déloger le président el-Assad du pouvoir —, ont augmenté ces derniers temps, visant la plupart du temps des magasins, des églises, des maisons et des ambassades. Des dizaines de civils ont été tués dans ces attaques au cours de la dernière année mais le bombardement de lundi a particulièrement choqué les résidants, en raison du fait que les victimes sont des enfants.