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12/11/2013 04:39 EST | Actualisé 12/01/2014 05:12 EST

Sénégal: la pression s'accroît contre les femmes lesbiennes

DAKAR, Sénégal - La police sénégalaise a placé en garde à vue cinq femmes accusées d'avoir enfreint la loi anti-homosexuels du pays, laissant croire que les lesbiennes sénégalaises font l'objet d'une pression accrue dans ce pays foncièrement conservateur, a indiqué mardi une militante.

Ces cinq femmes ont été interpellées tôt lundi matin pendant une fête d'anniversaire dans un restaurant de Dakar reconnu, selon la presse sénégalaise, comme un lieu de rencontre des gays et lesbiennes, a rapporté Ndeye Kebe, la présidente du regroupement Women's Smile, le seul au Sénégal à défendre les droits des lesbiennes.

Elles devaient comparaître en cour mardi, bien que Mme Kebe ait mentionné qu'aucune d'entre elles ne pouvaient payer les services d'un avocat.

Le code pénal sénégalais prévoit des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et des amendes pouvant atteindre 3000 $ pour des «actes inappropriés ou contre-nature avec une personne du même sexe».

À l'instar des forces de l'ordre d'autres pays de l'Afrique subsaharienne, la police sénégalaise ciblait d'abord et avant tout les hommes dans leurs arrestations et extorsions, et les opérations policières contre des femmes présumées lesbiennes se faisaient plutôt rares.

Mais selon Mme Kébé, le fait que des Sénégalaises homosexuelles aient récemment été impliquées dans des scandales largement médiatisés a contribué à accroître la pression contre elles.

Les gens sont désormais à la «chasse aux lesbiennes», a-t-elle soutenu.