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12/11/2013 04:57 EST | Actualisé 11/01/2014 05:12 EST

Scènes de chaos à l'aéroport de Tacloban

Quand ils ont atterri mardi à Tacloban, les deux avions de transport de l'armée de l'air philippine ont déversé davantage de soldats que de vivres, malgré l'urgent besoin de ravitaillement de la ville dévastée par le typhon Haiyan.

Car les autorités redoutent les pillages et les troubles dans cette agglomération de 220 000 habitants où 10 000 personnes auraient trouvé la mort vendredi dans le sillage du super-cyclone, que l'on nomme ici Yolanda.

Au nombre de plusieurs dizaines, les hommes des forces spéciales se sont immédiatement déployés pour repousser des familles furieuses et désespérées, venues à l'aéroport dans l'espoir d'embarquer pour Manille.

« Reculez! Reculez jusqu'au bâtiment », ont crié des officiers via des hauts-parleurs, faisant signe à la foule de se replier vers les ruines du terminal.

Puis les opérations d'évacuation ont commencé.

Les malades, les enfants et les vieillards ont été choisis en premier. De pâles nourrissons ont été passés au-dessus de la foule et emmenés avec plusieurs blessés.

Autour, beaucoup sanglotaient en suppliant les militaires de les prendre eux aussi, certains ayant marché des heures depuis les décombres de leurs maisons.

Des blindés et un couvre-feu

Pour décourager les pilleurs, Manille a annoncé mardi le déploiement de quatre véhicules blindés à travers la ville et l'instauration d'un couvre-feu de 22 h à 6 h. Des barrages routiers ont aussi été mis en place.

« La présence de policiers, de soldats et de forces gouvernementales va sans aucun doute améliorer les choses (mais) cela ne se fera pas en une nuit », a déclaré le ministre de l'Intérieur Mar Roxas

Outre des habitants cherchant de la nourriture, les pilleurs comptent dans leurs rangs des groupes armés à la recherche de biens à voler, appareils électroménagers ou télévisions, selon des témoignages de résidents.

Une quinzaine de membres présumés de la rébellion communiste ont attaqué un convoi de l'armée, à Matnog, à quelque 240 km de Tacloban, a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Joselito Kakilala.

Deux des agresseurs ont été tués lors de cette échauffourée qui s'est produite sur une autre île près d'un port d'où partent sur des ferries des camions de l'armée transportant des secours pour les sinistrés du typhon.

L'aide internationale se déploie

Pendant ce temps, la communauté internationale se mobilise et commence à se déployer.

Le porte-avions George Washington et des navires de la Marine américaine ont appareillé mardi dans le port de Hong Kong, pour se rendre au plus vite vers les Philippines, conformément aux instructions du Pentagone. Washington a également débloqué 20 millions de dollars d'aide humanitaire immédiate.

Le Canada a quant à lui dépêché sur place qun avion C-17 des Forces canadiennes dans le but de préparer l'arrivée de 200 soldats issus du DART, Équipe d'intervention en cas de catastrophe, la DART

La Chine a également annoncé avoir versé 100 000 dollars aux Philippines à titre d'aide humanitaire. Cette décision « s'imposait », selon le quotidien d'État Global Times, pour qui Pékin devrait mettre de côté les vifs différends territoriaux qui l'opposent à Manille, et apporter toute son aide aux victimes du typhon.

Quant à l'ONU, elle a lancé un appel aux dons à hauteur de 301 millions de dollars, mardi. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), elle, demande 24 millions.