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12/11/2013 03:03 EST | Actualisé 12/01/2014 05:12 EST

Égypte: la confusion règne sur la journée de la fin de l'état d'urgence

LE CAIRE, Égypte - Un tribunal égyptien a déclaré que l'état d'urgence avait expiré mardi, soit deux jours plus tôt que prévu, plongeant le gouvernement et les services de sécurité dans la confusion et accentuant les craintes que cela ne donne un second souffle aux manifestations des partisans du président déchu, Mohammed Morsi.

Dans le même temps, l'ex-président Morsi a tenu une première longue rencontre avec des avocats dans la prison où il est détenu, près d'Alexandrie, au bord de la Méditerranée. L'ancien dirigeant avait été emprisonné dans un lieu gardé secret et coupé de pratiquement tout contact avec le monde extérieur depuis qu'il a été écarté du pouvoir le 3 juillet. La semaine dernière, il a été transféré dans une prison régulière de droit commun après la première étape de son procès pour incitation au meurtre.

Le fils de M. Morsi, Osama, a indiqué que son père avait remis un communiqué aux avocats dans lequel il s'adressait aux Égyptiens et à «toutes les parties». Il a ajouté que son père refusait toujours qu'un avocat le représente pendant le procès puisqu'il ne reconnaît pas l'autorité du tribunal et demeure toujours, selon lui, le président. Le contenu du communiqué devrait être dévoilé mercredi.

L'état d'urgence et le couvre-feu avaient été imposés il y a trois mois pour aider les forces de sécurité à maintenir l'ordre et garder le contrôle sur les manifestations quasi quotidiennes des partisans du président déchu pour exiger son retour au pouvoir.

Lundi, le ministre de l'Intérieur, Mahmoud Ibrahim, avait annoncé que l'état d'urgence prendrait fin ce jeudi et que les forces de sécurité seraient déployées dans les rues à ce moment-là, laissant croire que les autorités craignent une recrudescence des protestations.

Or, la Cour administrative du Caire a ordonné la fin de l'état d'urgence dès mardi, et les autorités semblaient avoir été prises de court. Des représentants ont indiqué qu'ils n'appliqueraient pas cette décision avant d'avoir reçu une note officielle du tribunal les avisant de la décision.

Au départ, cet état d'urgence ne devait durer qu'un mois lors de son annonce, le 14 août. Mais le gouvernement l'a ensuite renouvelé pour deux autres mois, le 12 septembre, incitant le tribunal à trancher que la véritable date de fin de l'état d'urgence était le 12 et non le 14 novembre.

Le procès de M. Morsi devrait reprendre le 8 janvier.

Il est accusé, avec 14 autres personnes — dont sept sont toujours en cavale —, d'avoir incité au meurtre des manifestants qui s'étaient massés devant le palais présidentiel en décembre, l'an dernier, pour exiger la tenue d'un référendum sur la constitution islamiste que son gouvernement souhaitait adopter.