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11/11/2013 08:03 EST | Actualisé 11/01/2014 05:12 EST

L'urgence d'agir marque l'ouverture de la conférence de l'ONU sur le climat

La 19e conférence de l'ONU sur le climat s'est ouverte lundi à Varsovie, en Pologne, avec la situation des Philippines en filigrane à la suite du passage de l'un des plus violents typhons de l'histoire.

Des milliers de délégués de 190 gouvernements et d'organisations du monde tiendront deux semaines de discussions afin de jeter les bases d'une nouvelle entente pour lutter contre le réchauffement climatique de la planète.

La secrétaire de direction de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Christiana Figueres, a lancé les travaux en déclarant qu'il était temps de garantir une plus grande sécurité climatique aux générations à venir. Mme Figueres a appuyé l'urgence de son propos en évoquant la dévastation causée par le typhon Hayan, qui a secoué les Philippines au cours du week-end, bien que les scientifiques ne s'entendent pas sur le lien existant entre le réchauffement climatique et l'activité des ouragans. En revanche, la hausse du niveau des mers rend certains pays plus vulnérables aux ondes des tempêtes.

La rencontre de Varsovie lance un sprint de deux ans de négociations dans le but de parvenir à un accord, qui succédera à l'accord de Kyoto, à Paris en 2015. Le nouvel accord de réduction des gaz à effet de serre (GES) devrait être légalement contraignant et entrer en vigueur en 2020. L'accord de Kyoto est le seul texte international qui limite l'émission des GES, mais il ne concerne plus que 15 % des émissions totales. Le prochain accord doit inclure les États-Unis et la Chine, qui n'ont jamais ratifié l'accord de Kyoto.

La communauté internationale s'est fixé comme objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés Celcius par rapport à l'ère préindustrielle. Les experts estiment que la température pourrait croître de 5 degrés d'ici la fin du siècle si rien n'est fait pour contrer le réchauffement climatique.

Une déléguée des Philippines, Alicia Ilaga a, quant à elle, établi un lien direct entre le réchauffement climatique et la multiplication des catastrophes naturelles. « Chaque fois que je viens à ces conférences [sur le climat] nous faisons face à une nouvelle catastrophe », a lancé Mme Ilaga. La précédente conférence sur le climat de l'ONU, qui s'était tenue à Doha en décembre 2012, avait été marquée par le passage du typhon de catégorie 5, Bopha. Ce dernier avait laissé plus d'un millier de morts dans son sillage.

« Je demande à nos dirigeants du monde entier de passer à l'action à Varsovie », a lancé la déléguée philippine, Alicia Ilaga. « Que pouvons-nous demander de plus à cette conférence que de transformer ces négociations et ces engagements en action? Mon pays vient juste d'être frappé par un autre typhon de catégorie 5 et nous comptons nos morts. Ils ont été emportés par cette abomination qui n'est pas de notre fait. »

Les résultats des discussions qui se dérouleront à Varsovie pourraient constituer un indicateur sur les chances de la communauté internationale de parvenir à un accord en 2015.