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10/11/2013 02:47 EST | Actualisé 09/01/2014 05:12 EST

Un nouveau parti politique voit le jour en Chine

Bravant une interdiction de fait, des partisans de l'ancien dirigeant chinois Bo Xilai, condamné à la prison à vie pour corruption, ont fondé un parti politique, a-t-on appris samedi de sources proches du mouvement.

Baptisé Zhi Xian, que l'on peut traduire par « la Constitution est l'autorité suprême », ce parti a été créé le 6 novembre, trois jours avant l'ouverture du troisième plénum du Comité central consacré aux réformes économiques.

Bo Xilai, qui, avant sa chute, était l'un des membres influents du Parti communiste chinois (PCC), a été nommé « président à vie » de Zhi Xian, a déclaré Wang Zheng, une des fondatrices du parti et professeure de commerce international à l'Institut d'économie et de gestion de Pékin et membre fondateur du parti.

« Ce n'est pas illégal au regard de la législation chinoise », a-t-elle déclaré à Reuters lors d'un entretien téléphonique.

L'information a été confirmée par une deuxième source proche du nouveau parti. Sa création a été notifiée par courrier au PCC et aux huit autres mouvements politiques tolérés en Chine, ainsi qu'au Parlement et à sa principale instance consultative, a expliqué Wang Zheng.

Une lettre a également adressée à Bo Xilai lui-même via le directeur de la prison où il est détenu pour l'informer de son statut de président à vie. « Nous n'avons pas peur. Je ne pense pas que nous allons être arrêtés. Notre action est légale et raisonnable », a ajouté Wang Zheng.

Dans un document obtenu par Reuters, le nouveau parti se dit pleinement en accord avec la politique égalitaire dite de « prospérité commune » prônée par l'ex-étoile montante du PCC et qui lui a valu une large reconnaissance.

Bo Xilai, un dirigeant déchu

Ancien secrétaire général du PCC à Chongqing, mégapole du sud-ouest du pays, Bo Xilai a vu ses ambitions politiques brutalement réduites à néant l'an dernier à la suite du vaste scandale qui a suivi le meurtre de Neil Heywood, un homme d'affaires britannique ami de sa famille, décédé en novembre 2011. Jugée coupable de ce meurtre, Gu Kailai, l'épouse de Bo Xilai, a été condamnée en 2012 à la peine capitale avec sursis, ce qui équivaut à la réclusion criminelle à perpétuité.

Bo Xilai lui-même a été reconnu coupable de corruption et d'abus de pouvoir. Beaucoup parmi ses partisans le jugent victime d'une conspiration politique.

La constitution chinoise, qui garantit la liberté d'expression et la liberté d'association, n'interdit pas explicitement la fondation de partis politiques, mais, dans les faits, il est impossible d'en créer.

Xu Wenli, l'un des dissidents chinois les plus illustres, a été condamné à 13 ans de prison en 1998 pour avoir contribué à la formation du Parti démocrate chinois.

Reuters